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VIDEO - "James Foley venait pour témoigner, et il a payé pour ça"

James Foley, journaliste très expérimenté de 40 ans, a été décapité selon un message de l'Etat islamique.

James Foley, journaliste très expérimenté de 40 ans, a été décapité selon un message de l'Etat islamique. - Nicole Tung - AFP

Le secrétaire général de RSF Christophe Deloire réagit au micro de BFMTV à la vidéo diffusée par les jihadistes de l’Etat islamique, qui affirment avoir décapité le journaliste américain enlevé en Syrie. Témoignage.

Il n’a, "jusqu’à présent", pas regardé la vidéo. "Je sais déjà l’indignité, l’inhumanité, le caractère atroce de ce qui est montré sur cette vidéo, les exactions dont ont fait l’objet James Foley et son confrère qui, semble-t-il, a été témoin de la scène", explique Christophe Deloire, secrétaire général de l'association Reporters sans frontières (RSF), mercredi au micro de BFMTV.

Les jihadistes de l'Etat islamique (EI) ont revendiqué mardi une vidéo diffusée sur Internet, montrant ce qu'ils affirment être la décapitation de James Foley, un journaliste américain enlevé en Syrie. Le groupe extrémiste a également menacé d'en tuer un autre, en riposte à l’intervention des Etats-Unis en Irak.

"Un journaliste expérimenté"

Christophe Deloire rapporte auprès de BFMTV que Reporters sans frontières "avait été proche" de James Foley, un "journaliste expérimenté qui avait déjà couvert d’autres conflits", puisqu’il avait "travaillé à des actions, notamment à des collectes de fonds pour la famille de l’un de ses amis disparu en Libye".

Pour Christophe Deloire, cette vidéo "est un message, selon ses auteurs, adressé à l’Amérique". "Ce qui est terrible, c’est le cas de l’Etat islamique, c’est que les preneurs d’otages voient les journalistes (…) comme des porte-étendards, comme des porte-drapeaux", s’indigne le secrétaire général de RSF.

"Non, il ne portait pas les intérêts des Etats-Unis"

"Comme si James Foley, journaliste-reporter sur le terrain, était défini par sa nationalité. Non, il ne portait pas là-bas les intérêts des Etats-Unis, les intérêts de l’armée américaine", commente encore Christophe Deloire. Et de conclure: "James Foley venait pour témoigner, et il a payé pour ça".

James Foley avait été enlevé le 22 novembre 2012 dans le nord de la Syrie. Il avait couvert le conflit en Libye en 2011, avant de couvrir le soulèvement contre Bashar Al-Assad pour le site américain GlobalPost, l'AFP et d'autres médias. Il est le premier journaliste étranger dont l'EI revendique l'exécution. Le groupe a également assassiné des citoyens-journalistes syriens ces derniers mois, précise RSF dans un communiqué diffusé mercredi.

V.R. avec AFP