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Tunisie: le Parlement dote le Premier ministre de pouvoirs exceptionnels face au coronavirus

Le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh le 28 février 2020

Le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh le 28 février 2020 - FETHI BELAID / AFP

Cette décision a pour but d'accélérer l'adoption de mesures visant à faire face à la pandémie de coronavirus en Tunisie.

Le Parlement tunisien a adopté samedi un texte renforçant les pouvoirs du Premier ministre Elyes Fakhfakh, qui pourra légiférer directement durant deux mois, afin d'accélérer l'adoption de mesures visant à faire face à la pandémie de coronavirus.

Avec une large majorité de 178 voix pour - sur un total de 217 députés -, lors d'un vote en plénière partiellement menée en visioconférence, le Parlement a confié temporairement une partie de ses pouvoirs au chef du gouvernement, pour la première fois en Tunisie depuis l'adoption de la Constitution en 2014.

Une période de deux mois

L'article 70 de la Constitution permet en effet "pour un motif déterminé", de "déléguer au chef du gouvernement pour une durée déterminée, qui ne dépasse pas les deux mois, le pouvoir de prendre des décrets-lois".

"C'était nécessaire car c'est l'exécutif qui doit prendre les rênes pour amender rapidement la loi de finances par exemple, ou modifier les procédures pénales pour respecter le confinement et durcir la loi punissant la spéculation", a expliqué à l'AFP Nessryne Jelalia, directrice de l'ONG qui surveille l'activité du Parlement, Al Bawsala. "Il faudra voir concrètement si les mesures qui seront prises (par M. Fakhfakh) seront proportionnelles et nécessaires", a-t-elle ajouté.

A l'issue des deux mois, les textes adoptés sans le vote du Parlement seront soumis a posteriori "à l'approbation de l'Assemblée".

19 décès dus au Covid-19

Depuis début mars, 553 cas dont 19 décès dus au nouveau coronavirus ont été officiellement déclarés en Tunisie, où un confinement général a débuté le 22 mars et doit être en vigueur jusqu'au 19 avril.

Elyes Fakhfakh, 47 ans, est un ancien ministre des Finances et ancien cadre d'une filiale du groupe pétrolier français Total. Issu d'une petite formation social-démocrate, il a rassemblé dans son gouvernement des représentants de nombreux partis parlementaires et des technocrates.

La Tunisie est le seul des pays secoués par les soulèvements du printemps arabe en 2011 à continuer sur la voie de la démocratisation.

S. V. avec AFP