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Tunisie : la France doit-elle rester silencieuse ?

Plusieurs voix s'élèvent pour que la France sorte de son quasi-silence face aux émeutes en Tunisie, qui auraient fait jusqu'à vingt-sept victimes civiles.

Plusieurs voix s'élèvent pour que la France sorte de son quasi-silence face aux émeutes en Tunisie, qui auraient fait jusqu'à vingt-sept victimes civiles. - -

Alors que l’opposition et les ONG évoquent jusqu’à trente-cinq victimes en Tunisie dans les émeutes, des voix demandent à Paris de condamner les morts de civils. RMC lance le débat: la France doit-elle rester silencieuse face à la crise tunisienne ?

Amnesty International parle de vingt-trois civils tués lors des affrontements de ce week-end en Tunisie. L’opposition en évoque vingt-sept et dénonce des massacres de la population. Et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme en recensait jusqu'à trente-cinq ce mardi matin. La situation reste extrêmement tendue en Tunisie, où le président Ben Ali a promis hier lundi de créer 300.000 emplois d’ici 2012 pour tenter de calmer les manifestations.

Certaines voix commencent à s’inquiéter de la position de l’Union Européenne et en particulier de la France, qualifiées de timides, voire de bienveillantes. Lundi, Paris a en effet, pour la première fois depuis le début des émeutes, appelé à « l’apaisement » tandis que Bruxelles demandait « la retenue dans le recours à la force ».

« Certains politiques français sont nés en Tunisie »

« Il y a des liens de proximité entre une partie de la politique française et la Tunisie. Un certain nombre de politiques français sont nés en Tunisie, passent des vacances là-bas », estime sur RMC Karim Bitar, spécialiste du monde arabe à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques. « Il est tout à fait normal qu’ils éprouvent un sentiment de sympathie envers ce pays ».

« L’Elysée préfère un régime corrompu à des islamistes »

Laraoui Addi, professeur de Sciences politiques à l’université de Lyon, pense que « l’Elysée ou Bruxelles préfère un régime corrompu comme celui-ci à des islamistes dont ils considèrent qu’ils seront des dangers pour la région et pour l’Europe. Ils font ce choix car ils pensent qu’il y aurait un régime islamiste de type iranien à une heure de vol des côtes européennes ».

Un député UMP réclame une mission parlementaire

Un député UMP a décidé de briser la glace. Didier Julia, élu de Seine-et-Marne, réclame une mission d’information parlementaire. « Nous avons besoin d’explications, de comprendre comment une telle violence a pu se déclencher. Il ne s’agit pas de terroristes. Il appartient au chef de l’Etat français de dire carrément ce qu’il pense au président Ben Ali. Dans son attente, personne n’a osé réagir et c’est pourquoi j’ai pris l’initiative de le faire ».