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Tadjkistan: une émeute de prisonniers jihadistes provoque la mort de 32 personnes

Localisation de Vakhdat où une émeute de prisonniers jihadistes a fait 32 morts

Localisation de Vakhdat où une émeute de prisonniers jihadistes a fait 32 morts - Gillian HANDYSIDE, AFP

Une émeute provoquée par des prisonniers membres de Daesh dans une prison tadjike a causé, dimanche soir, la mort de 32 personnes dont trois gardiens.

Ce lundi les autorités tadjikes ont annoncé la mort de vingt-neuf prisonniers, dont 24 membres de Daesh, et trois gardiens. Ils ont été tués dimanche soir au cours d'une émeute dans une prison proche de Donchanbé, la capitale du Tadjikistan.

"Vingt-quatre membres de l'Etat islamique ont été tués. Les islamistes ont tué trois gardiens", a déclaré, dans un communiqué, le ministère de la Justice de ce pays d'Asie centrale tout en précisant que cinq autres détenus avait été tués par les membres de Daesh.

L'émeute a commencé dimanche soir à 16h30, heure locale, dans cette prison qui accueille 1500 détenus à Vakhdat, une ville située à 17 kilomètres de la capitale.

Selon le communiqué, les prisonniers ont d'abord poignardé à mort trois gardiens puis, "afin d'intimider les prisonniers", cinq autres détenus. Ils ont ensuite pris en otage d'autres détenus avant de mettre le feu aux installations médicales de la prison et "d'attaquer le personnel de l'établissement pour tenter de s'enfuir".

"A la suite d'une opération de représailles, 24 membres de ce groupe ont été tués et 35 autres arrêtés. Les otages ont été libérés", ajoute le communiqué, qui précise que l'opération est terminée et que le calme a été rétabli.

Priorité à la lutte contre l'intégrisme religieux

Parmi les meneurs de cette émeute, les autorités tadjikes ont identifié Bekhrouz Goulmourod, 20 ans, fils de l'ancien chef des forces spéciales tadjikes devenu ensuite un cadre important de Daesh en Syrie où il a été tué en septembre 2017. Bekhrouz Goulmourod avait été condamné en juillet 2017 à 10 ans de prison pour avoir tenté de rejoindre les rangs de Daesh en Syrie.

En novembre 2018, une autre émeute revendiquée par Daesh avait fait au moins 26 morts dans une prison de Khodjent, ville de 700.000 habitants située dans le nord-est de ce pays autoritaire. Elle avait été initiée par un "ancien membre" de Daesh qui voulait provoquer une évasion massive.

Le Tadjikistan, un pays laïc dont la population est majoritairement sunnite, fait de la lutte contre l'intégrisme religieux une priorité. Les autorités de ce pays voisin de l'Afghanistan estiment que plus de mille Tadjiks ont rejoint les jihadistes en Irak et en Syrie.

Aude Solente avec AFP