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Syrie: violents combats près de Kobané

De la fumée au-dessus de la ville de Kobané, le 11 octobre 2014.

De la fumée au-dessus de la ville de Kobané, le 11 octobre 2014. - Aris Messinis - AFP

VIDEO - Les combats entre jihadistes et combattants kurdes se déroulent à moins d'un kilomètre de la frontière turque.

De violents combats opposaient lundi jihadistes et combattants kurdes à proximité de la frontière turco-syrienne près de Kobané, à l'heure où la Turquie donnait son feu vert à Washington pour l'utilisation de ses bases aériennes. Des tirs d'armes automatiques et de mortiers se succédaient dans les faubourgs de Kobané (Aïn al-Arab en langue arabe), à moins d'un kilomètre des barbelés qui séparent la Turquie de la Syrie.

Le secteur du poste-frontière de Mursitpinar est celui emprunté tous les jours par les civils kurdes qui fuient les combats et par des combattants kurdes évacués pour y être soignés dans les hôpitaux de la ville turque de Suruç. Des renforts militaires turcs, notamment des chars et des canons automoteurs, ont été déployés le long de la frontière.

Contre-offensive des combattants kurdes 

Dans la ville même de Kobané, les combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) tentaient de reprendre un peu du terrain perdu ces derniers jours face au groupe Etat islamique (EI), qui les avait délogés vendredi de leur QG. "Les YPG ont mené une contre-offensive dans le secteur sud de Kobané et repris deux positions qui étaient sous contrôle de l'EI, tuant 13 jihadistes", a indiqué lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans le même temps, les avions de la coalition dirigée par Washigton ont frappé lundi matin des positons de l'EI dans l'est et le sud de la ville, d'après l'ONG.

La défense acharnée des Kurdes a contraint l'EI à faire venir des renforts en provenance de Raqa et Alep, leurs bastions du nord syrien. Plus nombreux et mieux armés, les jihadistes contrôlent environ 40% de la ville, particulièrement le secteur est et des quartiers dans le sud et l'ouest, une semaine après y être entré à la suite de plusieurs semaines de siège.

La Turquie ouvre ses bases aux Etats-Unis

Ankara a donné dimanche son feu vert pour la mise à disposition des Etats-Unis de bases pour lancer les raids contre l'EI. Il s'agit en particulier de celle d'Incirlik (sud), que l'armée de l'air américaine utilise depuis longtemps et où 1.500 de ses hommes sont stationnés. Jusqu'à présent, les avions américains employés pour les bombardements contre l'EI décollent des bases aériennes, plus éloignées, d'Al-Dhafra aux Emirats arabes unis, d'Ali al-Salem au Koweït et d'Al-Udeid au Qatar. Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a remercié la Turquie pour sa contribution "aux efforts de la coalition" contre l'EI, "notamment en hébergeant et en entraînant des membres de l'opposition syrienne", selon son porte-parole, le contre-amiral James Kirby.

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait appelé à fournir un soutien militaire à "l'opposition modérée" en Syrie afin de créer "une troisième force" qui lutterait aussi bien contre le pouvoir du président syrien Bachar al-Assad que contre l'EI. Le Parlement turc avait en outre autorisé le 2 octobre le gouvernement de Ahmet Davutoglu à mener des actions militaires contre l'EI en Irak et en Syrie, mais jusqu'à présent l'armée turque n'a rien entrepris en ce sens. Les Kurdes avaient dénoncé ces derniers jours la passivité turque face à la situation à Kobané, troisième ville kurde de Syrie, et des émeutes pro-Kurdes ont fait plus de 30 morts en Turquie.

Mardi, Kobané devrait être au centre d'une réunion à Washington des chefs militaires de 21 pays de la coalition anti-jihadiste, près de trois mois après le déclenchement de la campagne aérienne en Irak et près de trois semaines après le début des raids sur la Syrie.

V.R. avec AFP