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Suède: il ment sur son CV et gravit pendant vingt ans les échelons de l'armée

Des soldats de l'armée suédoise sur l’île de Gotland en février 2019. Photo d'illustration AFP

Des soldats de l'armée suédoise sur l’île de Gotland en février 2019. Photo d'illustration AFP - -

Pendant vingt ans, un homme a occupé de hautes fonctions dans la hiérarchie militaire suédoise -notamment des fonctions internationales - sans jamais avoir obtenu aucun diplôme de l'armée.

L'affaire qui embarrasse les autorités suédoises a été révélée par le journal local Dagens Nyheter. Elle commence en 1999. Un homme, dont l'identité n'a pas été divulguée, est renvoyé de l'école des officiers d’Enköping, près de Stockholm, pour avoir menti sur ses notes. Qu'importe, il décide de falsifier un diplôme et parvient à intégrer l'armée.

Choisi pour représenter la Suède auprès de l'OTAN

Après des missions au Kosovo, puis en Afghanistan, l'homme acquiert le statut de capitaine, puis celui de major. Tout cela alors qu'il n'a jamais mis un pied à l'Université suédoise de la défense, une formation pourtant obligatoire. L'homme est même, par la suite, démarché pour entrer dans les services de renseignement militaires.

En 2012, il franchit une nouvelle étape dans l'imposture. L'homme est désigné par sa hiérarchie pour se rendre à Mons, en Belgique. Là-bas, il représente son pays au quartier général du commandement suprême des forces alliées de l'Otan en Europe. Une organisation à laquelle la Suède n'appartient pas, mais où elle est invitée à participer à l'élaboration du système informatique AMN (Afghanistan Mission Network).

L'officier n'avait même pas le permis

A ce stade, l'imposteur n'est toujours pas démasqué. Il faudra attendre 2018 pour qu'un premier signalement alerte les autorités suédoises. En poste auprès des gardes-côtes, le faux-officier postule auprès d'une agence gouvernementale. Un contrôle de routine est effectué et révèle les multiples mensonges de l'imposteur. Les recruteurs découvrent que l'homme a non seulement menti sur ses diplômes, mais également quant à l'obtention de son permis de conduire.

Alertés, les services de renseignement et les ministères tardent pourtant à réagir. A l'été 2019, le faux-officier est ainsi affecté au contingent suédois de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali. Un poste qu'il quittera finalement en novembre dernier, d'après Le Monde.

Jeudi, le ministre de la Défense, Peter Hultqvist, et le chef des armées, Micael Bydén, étaient convoqués pour répondre aux députés au sujet de l'affaire. Si, à la sortie, les deux hommes ont reconnu la gravité de la situation, ils peinent encore à l'expliquer.

Sophie Motte