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"Son armée ne peut pas tout faire": le général Kempf voit mal Poutine attaquer un pays de l'Otan

Invité sur BFMTV ce lundi, le général de l'Armée de terre Olivier Kempf estime que le président russe ne pourra pas étendre sa guerre en Ukraine au reste de l'Europe

"La Russie ne s'arrêtera pas." Depuis plusieurs jours, Kiev alerte les Européens: si l'Ukraine tombe, alors Vladimir Poutine continuera sa percée vers l'ouest. Mais plus de deux semaines après le début de la guerre, Olivier Kempf, général de l'Armée de terre et chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, "ne pense pas" que Poutine peut aller au-delà de l'Ukraine.

"On voit bien toute la difficulté qu'il a à progresser en Ukraine", souligne-t-il sur BFMTV ce lundi.

"C'est déjà le gros morceau qu'il aura du mal à avaler et sans doute du mal à digérer", glisse même Olivier Kempf. Car le début de l'invasion décidée par Vladimir Poutine ne s'est pas déroulée comme il l'espérait et que le conflit est désormais en train de s'enliser.

"Son armée ne peut pas tout faire et certainement pas aller défier les pays de l'Alliance atlantique."
Carte des avancées russes en Ukraine et des bombardements, au 19ème jour du conflit.
Carte des avancées russes en Ukraine et des bombardements, au 19ème jour du conflit. © BFMTV

"Pas beaucoup de risques pour les Russes de se tromper"

Pourtant, Moscou a décidé dans la nuit de samedi à dimanche de frapper la base militaire de Yavoriv, à seulement 20 kilomètres de la frontière polonaise. De quoi risquer une "bavure"?

"Les missiles sont quand même précis, avec des tirs dans un rayon de 10 à 50 mètres. Il n'y avait pas beaucoup de risques pour les Russes de se tromper" et d'envoyer un missile en Pologne, tempère Olivier Kempf

"Ça entre dans une dialectique assez claire entre la Russie et les Occidentaux sur d'éventuelles implications des pays de l'Ouest dans le conflit en Ukraine", explique-t-il.

Les livraisons d'armes occidentales "cibles militaires légitimes" pour Moscou

Le général de l'Armée de terre avance que cette base aurait pu servir de base d'entraînement des volontaires internationaux ou de stockage de matériel militaire.

"Depuis le début du conflit, les Occidentaux disent 'On ne va pas faire la guerre, mais on va aider l'Ukraine de manière indirecte', par exemple en lui fournissant de l'armement, ou en tolérant qu'un certain nombre de volontaires rejoignent le conflit", précise Olivier Kempf.

Or, samedi, la Russie a clairement prévenu. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a indiqué que les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine pouvaient être considérées comme des "cibles militaires légitimes".

Ariel Guez