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Sommet de l'OTAN: échange tendu entre Macron et Trump sur le retour des jihadistes européens de Syrie

Emmanuel Macron et Donald Trump ont fait éclater leurs différends sur la situation en Syrie, ce mardi, en conférence de presse au sommet de l'OTAN à Londres. Le président américain s'inquiète depuis plusieurs mois du sort des ressortissants européens ayant combattu dans les rangs de Daesh.

C'est une rencontre émaillée de tensions qui a eu lieu ce mardi entre Emmanuel Macron et le président américain Donald Trump, lors du sommet du 70e anniversaire de l'OTAN à Londres. Lors de leur conférence de presse commune, les deux dirigeants ont exposé leurs différends sur la taxation des géants du numérique américains, le financement de l'OTAN, mais également sur le sujet sensible de la Syrie. 

"Je n'ai pas encore évoqué avec le président le sort des combattants étrangers partis en Syrie. Nous en avons certains mais il y en a beaucoup de France", a d'abord attaqué Donald Trump, en référence aux Français partis combattre dans les rangs de Daesh en Syrie, et dont le retour en Europe inquiète les autorités ces derniers mois. 
"Nous n'avons pas encore abordé cette question", a répété le dirigeant américain, avant de demander à Emmanuel Macron: "Vous voulez le retour de certains combattants de Daesh? Eh bien prenez qui vous voulez! Ils sont à vous!".

"La priorité n°1, c'est se débarrasser de Daesh"

"Il y a beaucoup de combattants sur le terrain, qui viennent de Syrie, d'Irak, et beaucoup proviennent effectivement de pays européens; mais c'est une toute petite minorité par rapport à l'ensemble...", lui a répondu le président français, avant de riposter plus fermement.
"Je pense que le plus important est de se débarrasser de Daesh, et ça c'est la priorité n°1. Et ça n'est pas encore fait. Ça n'est pas encore fait, je suis désolé de le dire mais c'est un fait. Vous avez encore des combattants dans cette région: en Syrie et en Irak", a déclaré Emmanuel Macron, aux côtés de son homologue américain. 

Des mots qui vont à l'encontre de la version jusqu'ici présentée par le président américain, qui se félicite depuis octobre dernier de s'être débarrassé de l'organisation terroriste en Syrie, en éliminant Abou Bakr al-Baghdadi, l'ancien chef de Daesh, lors d'une opération militaire.

"Par ailleurs, certains de ces combattants étrangers sont jugés en Irak notamment pour leurs actes commis là-bas. Donc notre approche est une approche au cas par cas, humanitaire vis-à-vis des enfants", s'est finalement défendu Emmanuel Macron. Et de répéter face à son homologue: "Mais d'abord notre objectif est de terminer le combat, et d'en terminer avec Daesh. Ne confondons pas les choses! Notre problème n°1 n'est pas les combattants étrangers, mais les combats tout court."

En octobre dernier, déjà, Donald Trump menaçait la France et l'Allemagne de laisser leurs ressortissants ayant combattu avec Daesh "se diriger vers leurs foutues frontières" s'ils ne les rapatriaient pas d'eux-mêmes.

Jeanne Bulant