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Soldats nazis, prisonniers juifs... Madrid "horrifié" par un carnaval accusé de "banaliser" l'Holocauste

Arancha Gonzalez, ministre des Affaires étrangères espagnole, 2020 (photo d'illustration)

Arancha Gonzalez, ministre des Affaires étrangères espagnole, 2020 (photo d'illustration) - FADEL SENNA / AFP

Après la polémique antisémite du carnaval d'Alost en Belgique, c'est celui de la petite ville espagnole de Campo de Criptana qui a fait scandale. Le gouvernement espagnol, par l'intermédiaire de sa ministre des Affaires étrangères s'est dit "horrifié" par la parade.

Des soldats nazis, des prisonniers juifs, un char faisant penser à une chambre à gaz... Accusé de "banaliser" l'Holocauste, un défilé de carnaval dans une ville du centre de l'Espagne a suscité l'indignation des autorités du pays ce mercredi.

"Horrifiée par le défilé de carnaval à Campo de Criptana. Je rejette sans nuances toute banalisation de l'Holocauste", a indiqué sur son compte Twitter la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez. "Après avoir été contactés, les organisateurs ont demandé pardon à la fédération des Communautés juives d'Espagne", a-t-elle ajouté.

"Une parodie antisémite ignoble"

Le président du B'nai B'rith France, la branche hexagonale d'une organisation juive internationale, s'est également indigné, relayant plusieurs photos du carnaval. "Une parodie antisémite ignoble", a-t-il dénoncé. "Ce n'est pas de cette Europe que nous voulons."

L'ambassadrice d'Israël en Espagne, Rodica Radian-Gordon, avait déjà condamné mardi "l'infâme banalisation de l'Holocauste ayant eu lieu lors du carnaval de Campo de Criptana". "C'est un affront à la mémoire des victimes de la Shoah et une manifestation intolérable d'antisémitisme", a-t-elle écrit sur Twitter.

Un défilé organisé ce lundi

Ce défilé a eu lieu lundi dans cette ville de 13.000 habitants situé dans le centre du pays. Selon les vidéos diffusées par les médias locaux, des participants déguisés en soldats nazis et armés de faux fusils dansaient au son d'une musique disco.

Un groupe de femmes a défilé avec des drapeaux israéliens et des uniformes rayés comme ceux des prisonniers des camps de concentration nazis tandis qu'une autre femme était juchée sur un char avec deux dobermans sous deux cheminées faisant penser à une chambre à gaz.

La mairie assure que c'était un "hommage"

Dans un communiqué, la mairie de la ville a présenté ses excuses pour le défilé organisé par une association culturelle. Selon la municipalité, cette association entendait faire de ce défilé un "hommage" aux 6 millions de juifs morts pendant l'Holocauste.

"Maintenant que nous avons vu la représentation, nous partageons les critiques. Si l'objectif initial était de commémorer les victimes, il est évident qu'il n'a pas été tenu", a ajouté la mairie.

Scandale similaire lors d'un carnaval belge

Une polémique similaire a eu lieu en Belgique où le carnaval d'Alost, qui a fait défiler dimanche des caricatures de juifs orthodoxes, a été également accusé d'antisémitisme.

Ce carnaval vieux de 600 ans a été rayé du patrimoine immatériel de l'Unesco après son édition 2019 lors de laquelle un char a caricaturé des juifs orthodoxes au nez crochu, assis sur des sacs d'or.

L.A. avec AFP