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Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne: comment nos voisins préparent Noël à l'heure du Covid-19

Les festivités de Noël n'ont jamais paru si incertaines qu'en cette année 2020 gangrénée de bout en bout par la pandémie. Si aucun des pays voisins de la France n'a définitivement arrêté ses plans quant aux restrictions autour de la fête, tous promettent de concilier réunions familiales et considérations sanitaires.

En France, l'exécutif rechigne encore à abattre ses cartes sur la table de Noël. Pour le gouvernement, en effet, l'heure n'est pas encore venue de se faire une idée définitive sur les restrictions qui pèseront sur la fête en raison du Covid-19. A peine sait-on qu'à Noël, il "faudra avoir un comportement différent", dixit le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, et que le ministre de la Santé Olivier Véran ne peut pas "promettre qu’on soit rassemblés tous ensemble à n'importe quel endroit du pays".

De l'autre côté de nos frontières, les gouvernements de nos voisins ménagent également le suspense mais laissent tout de même deviner quelques traits de ces fêtes de fin d'année revues et corrigées par la menace épidémique.

> Le Royaume-Uni songe à desserrer l'étau provisoirement

Ce mercredi, Alok Sharma, secrétaire d'État britannique aux Affaires et à la Stratégie industrielle, interrogé par Sky News, a tenté sa chance dans un exercice délicat: rassurer son auditoire sans lui fournir aucune garantie. "Noël aura lieu, d'une manière ou d'une autre. J'adorerais avoir toute ma famille autour de moi, mais pour le moment nous devons attendre et voir à l'instant T où nous en serons", a-t-il lancé.

L'entourage direct du Premier ministre Boris Johnson s'est borné à glisser au même média: "Aucune décision n'a été prise". Le docteur Susan Hopkins, conseillère médicale du gouvernement, a donc pris sur elle d'en dire davantage. Assurant que l'exécutif cherchait à assurer aux Britanniques un Noël "aussi normal que possible", elle a complété: "J'espère que le gouvernement prendra une décision qui permettra de nous réunir entre gens habitant dans des foyers différents, mais attendons et voyons".

La médecin a toutefois ajouté que cette perspective obligerait à resserrer quelques boulons sur le plan de la santé publique en janvier, un mois après un nouveau confinement qui doit s'achever le 2 décembre.

Selon le Sun, le cabinet de Boris Johnson envisage effectivement de laisser les gens se retrouver en-dehors de leur strict premier cercle familial pendant cinq jours, à compter du Réveillon.

> Allemagne: Merkel promet que ce ne sera pas "un Noël dans la solitude"

L'Allemagne connaît un nouveau cycle de restrictions inauguré en novembre. Mais les Allemands voient un peu mieux de quoi leur Noël sera fait: un repas familial, oui, mais restreint. Au début du mois, lors d'une conférence de presse relayée ici par 20 Minutes, la chancelière Angela Merkel, fille de pasteur, a indiqué: "Ce sera un Noël dans les conditions imposées par le coronavirus mais ce ne sera pas un Noël dans la solitude (…), nous devons réfléchir à des réunions de la famille proche, peut-être avec des mesures de précaution". En revanche, elle a fermé la porte à d'éventuelles célébrations du Nouvel An "d'ampleur".

La population, elle-même, commence à s'adapter et à adapter ses coutumes de saison. Ainsi, à Landshut, en Bavière, un restaurateur propose un marché de Noël sur le mode du "drive-in".

> L'Italie se contentera d'un "noyau familial resserré"

En Italie, le chef du gouvernement a voulu prendre les choses avec un peu de sourire jeudi dernier sur sa page Facebook. Répondant à un enfant qui s'inquiétait de ne pas avoir droit à son rendez-vous annuel avec "Babbo Natale", il a écrit, selon une traduction livrée par Le Parisien: "Le Père Noël m'a garanti qu'il possède déjà une attestation de déplacement internationale: il peut voyager partout et distribuer des cadeaux à tous les enfants du monde".

Moins rieur, mais plus concret, Francesco Boccia, son ministre des Affaires régionales, a rendu l'inéluctable sentence: le dîner de Noël se tiendra au sein du "noyau familial resserré".

> L'Espagne incertaine

L'Espagne aussi prévoit de devoir en rabattre par rapport à son programme de fêtes habituel. Les traditionnelles fêtes de fin d'année, y compris le défilé des Rois mages, qui se tient à la veille de l'Épiphanie, soit le 5 janvier, semblent exclues cette fois-ci, comme le relève La Vanguardia.

Le média, basé à Barcelone, donne par ailleurs la parole à Pasi Penttinen, épidémiologiste et conseiller principal sur le Covid-19 du Centre européen pour le contrôle et la prévention des maladies. Celui-ci a recommandé des quarantaines de la population quatorze à dix jours avant Noël. "Ce serait peut-être une bonne manière de protéger la plus grande partie des familles", a-t-il observé, plaidant par ailleurs pour limiter au maximum le nombre de personnes réunies à Noël si le gouvernement venait à autoriser les retrouvailles. Mais là encore, la décision ferme et définitive demeure en suspens.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV