BFMTV

Républicaine dominicaine: un hôtel doit fermer après le passage à tabac d'une touriste américaine

Une plage de Punta Cana en République dominicaine, le 2 août 2019. (Photo d'illustration)

Une plage de Punta Cana en République dominicaine, le 2 août 2019. (Photo d'illustration) - Daniel Slim / AFP

Un hôtel prestigieux de Punta Cana, en République dominicaine, va fermer ses portes dès ce jeudi jusqu'au 7 novembre prochain. Si c'est le manque de clientèle qui l'y contraint, celle-ci le fuit après que de nombreux faits divers sont venus endeuiller la côte dominicaine depuis un an. Dernièrement, une Américaine y a été passée à tabac et étranglée.

Le Majestic Elegance Punta Cana doit fermer ses portes, signale CBS ce mercredi, à compter de ce jeudi 15 août jusqu'au 7 novembre prochain. La cause directe? La chute de la fréquentation de ses chambres ces prochains mois.

Mais la cause indirecte est plus dramatique: si l'endroit séduit moins la clientèle, c'est qu'une Américaine, une mère de famille du Delaware, a affirmé y avoir été agressée et étranglée un soir de janvier alors qu'elle descendait de la suite, occupée avec son mari, pour aller se chercher à manger. Une journaliste de CBS avait partagé fin mai des photos impressionnantes de la victime, Tamey Lawrence-Daley. 

"Des problèmes isolés" pour le complexe hôtelier

Un employé l'avait retrouvée 8 heures plus tard, à 6h40 du matin. Au moment où elle est sortie du silence, dans les derniers jours de mai, quelques mois après les faits, Tamey Lawrence-Daley a assuré que son agresseur portait une casquette aux couleurs de l'établissement.

Elle a engagé des poursuites contre le Majestic Elegance, leur réclamant trois millions de dollars de dommages et intérêts. L'hôtel en question a vivement protesté dans un communiqué, pointant des "faiblesses et des "contradictions" dans le récit de l'Américaine sans pour autant se montrer beaucoup plus disert sur les supposées lacunes. Et c'est par une lettre publique que Majestic Elegance Punta Cana a signalé sa fermeture temporaire:

"Comme vous le savez peut-être, ces derniers mois la République dominicaine, et spécialement Punta Cana, a été représentée très négativement dans la presse sur la base de problèmes isolés sans lien les uns avec les autres. Par conséquent, nos trois hôtels de Punta Cana connaissent un taux d'occupation plus bas que la normale durant la seconde moitié du mois d'août, comme en septembre et octobre". 

11 Américains morts depuis juin 2018 

La société fait ici référence à la scabreuse succession fait-diversière qui a fait de nombreuses victimes parmi les touristes venus se reposer dans cette partie de la République dominicaine. Car en quelques kilomètres carrés, et en l'espace de quelques mois, ils sont nombreux à avoir trouvé la mort, soudainement, dans ces parages.

Selon un décompte livré à la mi-juillet par ABC, les morts de 11 Américains ont été confirmées à cet endroit depuis juin 2018. Au cours du mois de juin, nous apprenions notamment la mort de trois touristes américains entre le 25 et le 30 mai dans des établissements, certes différents mais situés à un jet de pierre l'un de l'autre.

Miranda Schaup-Werner, âgée de 41 ans, est morte brutalement après avoir perdu connaissance dans son hôtel du Luxury Bahia Principe Bougainville, tandis que Cynthia Day, 49 ans, et Edward Holmes, 63 ans, succombaient durant leur séjour au Grand Bahia Principe La Romana. Les autorités locales ont attribué la mort de ces trois personne à une insuffisance respiratoire doublée d'un œdème pulmonaire. 

On remarque dans cette hécatombe que plusieurs défunts, d'âges très différents, ont perdu connaissance après avoir bu l'une des boissons du minibar: Miranda Schaup-Werner, Robert Bell Wallace, qui résidait lui au Rock Hotel & Casino de Punta Cana, Yvette Monique Sport, qui dormait au Bahia Principe, ou encore Tracy Jester Jr. 

Durant la première partie de l'année 2018, des touristes étaient déjà tombés malades lors d'un séjour dans le même complexe hôtelier. Certains s'étaient plaints de crampes abdominales, de nausées, de maux de tête, de vomissements. Des examens toxicologiques avaient alors évoqué une intoxication à des pesticides. 

Robin Verner