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Réfugiés: l'Europe promet 1 milliard d'euros mais veut renforcer ses frontières

Jean-Claude Juncker, François Hollande, et Matteo Renzi mercredi lors du sommet à Bruxelles.

Jean-Claude Juncker, François Hollande, et Matteo Renzi mercredi lors du sommet à Bruxelles. - Alain Jocard - AFP

Après un accord laborieux sur la répartition des réfugiés, les dirigeants européens ont convenus de renforcer les frontières extérieures de l'UE afin de freiner leur afflux.

Au terme d'un sommet extraordinaire de plus de six heures à Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi qu'"au moins 1 milliard d'euros supplémentaires seront mobilisés pour aider les réfugiés" dans les pays voisins de la Syrie.

Ces fonds iront au Haut Commissariat aux réfugiés et au Programme alimentaire mondial. Celui-ci avait été conduit ces derniers mois à réduire son action dans les camps, faute de financements, ce qui a provoqué le départ de nombreux réfugiés vers l'Europe. Selon des sources européennes, l'enveloppe d'un milliard correspond à l'addition de 500 millions d'euros proposés par la Commission européenne, des crédits du budget de l'UE, et des sommes que les Etats membres sont appelés à verser en complément.

La France va dégager "100 millions d'euros"

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que son pays mettrait la main à la poche à hauteur de 136 millions d'euros. La France va dégager "100 millions d'euros sur deux ans", a fait savoir de son côté le président français François Hollande. "Il y a eu un climat très constructif", s'est félicitée la chancelière allemande Angela Merkel.

Les dirigeants européens ont aussi convenu d'apporter davantage d'aides au Liban, à la Jordanie et à la Turquie, pour les aider dans leur accueil massif de réfugiés. Et ralentir par la même le flux vers l'Europe. Le président turc Recep Tayyip Erdogan sera d'ailleurs reçu par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 5 octobre à Bruxelles.

L'UE veut aussi renforcer la "politique de retour"

Outre l'aide à apporter à des pays tiers, le sommet européen a également insisté sur la nécessité de prendre des mesures pour renforcer durablement les frontières européennes. "Le chaos actuel à nos frontières extérieures doit prendre fin", a plaidé Donald Tusk, indiquant que les dirigeants européens appuyaient le programme d'action présenté dans la journée par la Commission européenne. La Commission souhaite notamment que des "hotspots" - des centres d'accueil et d'enregistrement des migrants - soient opérationnels rapidement en Italie et en Grèce.

Il faut "assurer que ceux qui arrivent en Europe sont rapidement enregistrés, que leurs empreintes digitales sont prises, et qu'on puisse faire une sélection rapide entre ceux qui restent et ceux qui ne peuvent rester", les migrants économiques illégaux par exemple, a expliqué le vice-président de la Commission, Frans Timmermans. Ces "hotspots" seront mis en place "d'ici la fin novembre", a assuré Donald Tusk.

En réalité, des centres d'accueil existent déjà, mais ils ne répondent pas aux critères fixés par la Commission européenne, qui souhaite une supervision européenne de leur fonctionnement.

Les Etats membres veulent aussi améliorer l'efficacité de leur "politique de retour" des migrants économiques illégaux. A ce jour seulement 39% des personnes déboutées de leur demande d'asile sont effectivement expulsées. Les négociations, notamment avec des pays africains, d'accords de réadmission pour qu'ils reprennent leurs ressortissants, vont être relancées.

A. G. avec AFP