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Pour lutter contre l’obésité, la BBC diffuse l'autopsie d'une femme obèse

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Scalpel, organes, témoignages: pour sensibiliser la population britannique, particulièrement touchée par le surpoids, la chaîne BBC 3 a utilisé un véritable électrochoc.

Comment parler d'obésité à un public pourtant déjà averti des dangers de la malbouffe? Pour la chaîne publique britannique BBC 3, uniquement diffusée sur Internet, la réponse est un choc. Violente, même. Repérée par nos confrères de Télérama, l'émission Obesity: The Post-Mortem, diffusée à la mi-septembre, retrace donc l'autopsie d'une femme obèse. Tout y est raconté, filmé, consigné comme pour choquer encore plus. 

On y découvre donc que la femme, une Américaine d'une soixantaine d'années qui vivait en Californie et pesait près de 110 kilos, était volontaire pour cette opération pour des besoins scientifiques, et non audiovisuels. Car au-delà de la volonté de la production d'une prise de conscience collective sur ce mal qui affecte 12 millions de sujets de la Reine, selon une enquête datée de 2014 dans la revue scientifique The Lancet - voire 75% de la population d'ici vingt ans! -, l'idée est de comprendre l'impact réel de l'obésité sur le corps humain. Devant les caméras, affairés à autopsier cette femme, Carla Valentine et Mike Osborn, spécialistes en anatomie, racontent cette expérience inédite.

"Comme dans du beurre"

Parfois filmé en gros plan, le documentaire prend alors des allures de film gore: morgue, scalpel, l'épiderme qui craque, les organes à l'air libre... Rien n'est oublié. Et surtout pas les différentes couches de graisse jaune qui enrobent l'abdomen entrouvert, le prélèvement du cœur et du foie, particulièrement victimes des habitudes alimentaires de la patiente. Le docteur Carla Valentine, d'une école de médecine londonienne, n'hésite d'ailleurs pas à faire remarquer qu'autour du ventre où il y a "tellement de gras", sa lame "glisse comme dans du beurre".

Pesés, disséqués, les organes de la Californienne de Long Beach sont étudiés à la loupe par des spécialistes britanniques. Le documentaire prend alors des airs d'un épisode sanguinolent des Experts, selon les extraits visibles en accès libre sur Youtube. Le bilan du docteur Mike Osborn est sans appel: son foie, son cœur - deux fois plus lourd que la normale -, ses poumons et ses reins sont en très mauvais état.

Des obèses, bien vivants eux, interviennent au fur et à mesure du reportage pour évoquer leurs difficultés quotidiennes, face à la nourriture, face au miroir ou bien face aux regards. 

La femme allégée de quelques organes sera finalement recousue et renvoyée vers les Etats-Unis pour une crémation en bonne et due forme. Et le résultat est là: de nombreux médias britanniques ont disséqué ce documentaire. Tous ne jugent pas utile d'user de ce genre d'électrochoc, mais nombre l'avouent, l'envie de (mal) manger leur est bel et bien passée. 

Xavier Allain