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Pays-Bas: les autorités conseillent aux célibataires de se trouver un partenaire sexuel exclusif pendant l'épidémie

Un couple en train de s'embrasser à Milan, en Italie, le 8 mars 2020

Un couple en train de s'embrasser à Milan, en Italie, le 8 mars 2020 - Miguel Medina-AFP (photo d'illustration)

"Il est logique qu'en tant que célibataire, vous souhaitiez également avoir des contacts physiques", écrit l'institut national de la santé publique néerlandais.

"Il est logique qu'en tant que célibataire, vous souhaitiez également avoir des contacts physiques". L'institut national de la santé publique néerlandais (RIVM) a publié une note à destination des célibataires jeudi, relayée par les médias. Il conseille aux célibataires de se choisir un seul partenaire sexuel pour le confinement.

Pour rappel, la population néerlandaise est invitée, mais pas contrainte, à se confiner, bien que des mesures de gestes barrières et de distanciation sociale aient été mises en place. Mais le pays déplore tout de même plus de 5500 morts, et près de 44.000 personnes contaminées, selon le décompte de l'université américaine Johns Hopkins ce vendredi.

Un "copain câlin" ou "copain sexuel"

Afin d'éviter que le virus ne se propage davantage, mais pour ne pas léser les célibataires, le RIVM propose donc à ceux en manque de contacts physiques de se choisir un partenaire: "fréquentez la même personne pour avoir un contact physique ou sexuel (par exemple, un 'copain câlin' ou 'copain sexuel')", ce bien sûr, "à condition que vous ne soyez pas malade", ni l'un, ni l'autre.

Il conseille de discuter avec son partenaire du nombre de personnes que chacun voit, afin d'être au courant de l'exposition possible à une contamination du coronavirus (et au passage d'une maladie sexuellement transmissible). "Le sexe avec vous-même ou à distance", est aussi une solution, beaucoup plus sûre, souligne le RIVM, car plus le nombre de personnes fréquentées est élevé, plus la chance d'être contaminé l'est également.

"Tout sexe entraîne un contact étroit"

La question, pouvant sembler amusante vue de l'extérieur, a fait l'objet d'un plaidoyer par la journaliste Linda Duits dans le journal danois Het Parool, comme le relève The Guardian, qui en traduit une partie: "La proximité et le contact physique ne sont pas un luxe, ce sont des besoins fondamentaux", écrit Lena Duits début mai. "Si nous avons appris quelque chose de l'épidémie de sida, c'est que ne pas avoir de relations sexuelles n'est pas une option".

S'il n'existe pas encore d'information scientifique concernant la transmission du coronavirus par un rapport sexuel: "Tout sexe entraîne un contact étroit. C'est la définition du contact étroit", soulignait début mars dans le média américain Vox, Anna Muldon, chercheuse en maladies infectieuses à l'Université d'Arizona. "Il n'y a donc aucun moyen d'en avoir sans risquer la transmission".

Salomé Vincendon