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Nouveaux heurts en Turquie malgré les excuses du gouvernement

De nouveaux affrontements entre policiers et manifestants se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi en Turquie, ici à Ankara, malgré les excuses présentées par le vice-Premier ministre pour les violences policières contre les manifestants de ces d

De nouveaux affrontements entre policiers et manifestants se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi en Turquie, ici à Ankara, malgré les excuses présentées par le vice-Premier ministre pour les violences policières contre les manifestants de ces d - -

par Daren Butler ISTANBUL (Reuters) - De nouveaux affrontements entre policiers et manifestants se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi en...

par Daren Butler

ISTANBUL (Reuters) - De nouveaux affrontements entre policiers et manifestants se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi en Turquie malgré les excuses présentées par le vice-Premier ministre pour les violences policières contre les manifestants de ces derniers jours.

Le vice-Premier ministre, Bülent Arinç, qui a présenté ses excuses mardi, doit rencontrer mercredi les organisateurs de la première manifestation à l'origine de la crise, celle qui visait à protester contre un projet d'aménagement de la place Taksim à Istanbul.

Ce projet prévoit notamment la construction d'une caserne, réplique de celle qui se trouvait à cet endroit du temps de l'Empire ottoman, avec l'arrachage d'une douzaine d'arbres du parc Gezi qui jouxte la place.

Le vice-Premier ministre refuse en revanche de s'entretenir avec d'autres groupes qu'il accuse de profiter de la situation pour attiser les violences.

Malgré la pluie, des milliers de manifestants sont toujours sur la place Taksim, dans des campements de fortune. La place est devenue le point de convergence de revendications plus larges contre le gouvernement du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, considéré comme de plus en plus autoritaire par ses opposants.

Dans une rue près de la place Taksim, des accrochages se sont produits entre manifestants et policiers qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

GAZ LACRYMOGÈNES ET CANONS À EAU

Des affrontements ont eu lieu dans la nuit dans la province de Tunceli, dans l'est du pays. La police a eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau contre des centaines de manifestants qui avaient érigé des barricades et lançaient des pierres dans leur direction, ont rapporté des témoins.

A Ankara, la capitale, la police a procédé à une intervention similaire contre les manifestants ainsi que dans la province du Hatay à la frontière syrienne où un homme de 22 ans est mort après avoir été touché à la tête lors d'une manifestation lundi soir.

La confédération syndicale DISK, qui regroupe des syndicats dans le secteur de la santé et de l'énergie, doit participer mercredi à un mouvement de grève avec une autre confédération.

Le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, a demandé mardi au gouvernement turc de respecter les droits des manifestants.

"L'avenir de la Turquie appartient au peuple turc et à personne d'autre", a déclaré Joe Biden devant une organisation de défense des relations commerciales américano-turques.

Le vice-président a estimé que la Turquie était en mesure de devenir l'une des dix premières économies mondiales d'ici 2023, mais qu'elle ne devait pas tourner le dos à la démocratie.

Quant au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, dont le parti, le Parti de la justice et du développement (AKP), a remporté trois élections législatives de suite et peut s'appuyer sur une confortable majorité parlementaire, il a quitté la Turquie lundi pour une visite au Maghreb.

Julien Dury et Danielle Rouquié pour le service français