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Yémen: qui sont les ravisseurs d'Isabelle Prime?

Des militaires devant la mosquée El-Saleh de Sanaa, au Yémen, en août 2012. (photo d'illustration)

Des militaires devant la mosquée El-Saleh de Sanaa, au Yémen, en août 2012. (photo d'illustration) - Mohammed Huwais - AFP

Alors que l'enlèvement mardi d'une ressortissante française à Sanaa, la capitale du Yémen, n'a pas encore été revendiqué, la piste Al-Qaïda semble pour l'heure privilégiée.

Pour l'heure, l'enlèvement d'Isabelle Prime n'a pas encore été revendiqué, mais plusieurs pistes probables se dessinent. Le rapt, mardi matin, de la ressortissante française, dans les rues de Sanaa, la capitale yéménite, pourrait être l'oeuvre du groupe Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (Aqpa), qui avait revendiqué l'attaque contre le siège de Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier, à Paris. Mais il pourrait aussi porter la signature d'un groupe aux motivations crapuleuses.

Un rapt signé Al-Qaïda?

A ce stade de l'enquête, la piste Aqpa reste sérieusement privilégiée. L'Occident fait en effet partie des cibles de cette organisation terroriste, qui contrôle le centre du Yémen et s'oppose au pouvoir chiite houtiste qui règne sur le nord du pays et sur la capitale, Sanaa.

"Deux ressortissants étrangers ont été exécutés en décembre 2014, à la suite d'une attaque de l'armée yéménite et des forces américaines pour tenter de les libérer", rappelle sur BFMTV Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Moyen-Orient.

"Il y aurait aussi la volonté, de la part d'Aqpa, de montrer aux houtistes qu'ils peuvent frapper au coeur de la capitale, d'autant plus qu'il y a eu un attentat au nord de Sanaa, lundi, qui a fait plusieurs victimes", poursuit Franck Mermier.

Un enlèvement crapuleux?

Autre piste possible, celle de l’enlèvement crapuleux. C’est en effet une pratique courante au Yémen, où des étrangers aux mains de tribus locales servent souvent de monnaie d’échange. "Un groupe armé pourrait éventuellement se saisir de ressortissants étrangers pour les échanger contre rançon, les revendre à d'autres groupes, et peut-être à Al-Qaïda", détaille Franck Mermier. 

Reste la piste des chiites yéménites, qui ont récemment pris le pouvoir dans le pays. Mais ces miliciens sont à la recherche d’une reconnaissance officielle et n’auraient donc aucun intérêt à s'attirer les foudres de la communauté internationale. "La France met tout en oeuvre pour essayer de reprendre contact avec les kidnappeurs de notre ressortissante" et pour obtenir sa libération, a assuré le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ce mercredi, au lendemain de l'enlèvement d'Isabelle Prime, employée d'une société de conseil américaine, tout en appelant "tous les ressortissants français" à quitter le Yémen.

Des chefs tribaux et des miliciens chiites Houthis ont été sollicités pour obtenir sa libération, mais l'absence d'autorités légitimes dans la capitale et le départ des diplomates occidentaux compliquent les recherches.

A.S. avec Grégoire Pelpel