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Moyen-Orient

Une Saoudienne empêchée de se marier car son prétendant joue de la musique

La justice refuse le mariage de cette Saoudienne car son prétendant joue de l'oud.

La justice refuse le mariage de cette Saoudienne car son prétendant joue de l'oud. - Juan Eduardo Sara Zaror-Flickr

Mardi, le quotidien Okaz a rapporté l'histoire d'une Saoudienne empêchée de se marier à son prétendant car ce dernier joue de la musique.

Une Saoudienne de 38 ans a perdu une bataille judiciaire de deux ans contre sa famille l'empêchant d'épouser un de ses compatriotes en arguant qu'il a mauvaise réputation parce qu'il joue de la musique, a rapporté mardi le quotidien Okaz.

Diplômée et cadre bancaire dirigeant 300 employées, cette Saoudienne de Qassim, région considérée comme ultraconservatrice au nord de Ryad, a annoncé son intention de s'adresser aux plus hauts dirigeants saoudiens pour annuler le verdict, a indiqué le journal.

Oud

Il y a deux ans, cette femme a reçu une demande en mariage d'un Saoudien, mais sa famille a objecté en affirmant qu'il n'était pas "religieusement au même niveau qu'elle" parce qu'il joue de l'oud, instrument à cordes pincées répandu dans les pays arabes, a précisé Okaz.

Dans les milieux conservateurs, jouer d'un instrument de musique peut être considéré comme mauvais pour la réputation d'un homme. Et certaines tribus peuvent refuser de donner leurs filles en mariage à des hommes considérés comme de statut inférieur ou ayant mauvaise réputation.

Comme cette Saoudienne ne voulait pas heurter sa famille dont les hommes ont le statut de gardien légal et peuvent l'empêcher de se marier à son prétendant, elle s'est alors tournée vers la justice.

Jugement final

Un tribunal de première instance a donné raison à la famille, mais elle a interjeté appel en contestant des témoins qui affirmaient que son prétendant jouait de l'oud.

Mais la Cour d'appel a confirmé le jugement qui devient final, a encore indiqué Okaz.

Cette Saoudienne tient toujours à être mariée à son prétendant en soutenant que cet homme, un instituteur, a une "bonne réputation, est profondément pieux" et a formé durant 20 ans de jeunes Saoudiens.

Elle estime "anormal", selon le journal, qu'on puisse ne pas prendre en compte son avis sur sa vie personnelle alors qu'elle détient un poste de responsabilité. Elle craint aussi de ne jamais se marier alors qu'elle a aujourd'hui 38 ans.

B.L. avec AFP