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Gilets jaunes: Erdogan accuse les défenseurs des droits de l'homme de fermer les yeux

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan

Le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan - ADEM ALTAN / AFP

Lundi, Recep Tayyip Erdogan a accusé les défenseurs des droits de l'homme d'ignorer les manifestations des gilets jaunes en France.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé lundi les défenseurs des droits de l'homme de fermer les yeux sur les manifestations des gilets jaunes en France, soulignant qu'ils étaient en revanche prompts à critiquer Ankara.

Cette nouvelle sortie de Recep Tayyip Erdogan survient au lendemain de critiques que lui a adressées la ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, qui l'a accusé d'"ingérence" pour avoir déploré samedi la "violence disproportionnée" des forces de l'ordre françaises face aux manifestations de gilets jaunes.

Manifestations de Gezi

"Ceux qui défendaient les droits de l'homme pendant les manifestations de Gezi à Istanbul (en 2013, ndlr) sont devenus aveugles, sourds et muets face à ce qui se passe à Paris", a fustigé le chef de l'Etat turc lors d'un discours télévisé.

Les autorités turques ont été vigoureusement critiquées par l'Occident et les organisations de défense des droits de l'homme après la répression brutale des grandes manifestations antigouvernementales du printemps 2013, dites de "Gezi".

"Vous avez mobilisé le monde pendant les événements de Gezi. Pourquoi? Parce qu'ici c'est la Turquie? Allez, maintenant rendez-en compte de la même manière", a ajouté Recep Tayyip Erdogan, s'exprimant devant les membres de son parti à Ankara.

1.723 personnes interpellées samedi

Au total, 1.723 personnes ont été interpellées dans toute la France samedi, à l'occasion de la mobilisation des gilets jaunes, et 1.220 ont été placées en garde à vue, selon des chiffres du ministère de l'Intérieur dimanche.

Après la diffusion d'images du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, et de Recep Tayyip Erdogan décrivant les gilets jaunes comme l'échec des politiques européennes, Agnès Buzyn a lancé: "je suis hors de moi quand j'entends ces politiques extrêmes qui profitent de la situation au lieu d'espérer l'apaisement. (...) C'est de l'ingérence, c'est des gens qui profitent d'une situation pour justifier leur propre politique qui est anti-climat, totalitaire", a-t-elle condamné sur la chaîne LCI.

La Turquie est régulièrement critiquée par les pays européens et les organisations de défense des droits de l'homme qui dénoncent l'érosion de l'Etat de droit dans ce pays ces dernières années.

B.L. avec AFP