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Syrie: le risque d'enlisement régional du conflit préoccupe l'ONU

L'ONU craint une propagation régionale du conflit syrien.

L'ONU craint une propagation régionale du conflit syrien. - -

L'implication du Hezbollah libanais, la contagion du conflit aux frontières et les dernières provocations de Moscou font craindre à l'ONU un risque de propagation régionale de la guerre syrienne.

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU va se pencher, ce mercredi, sur un projet de résolution condamnant "l'intervention de combattants étrangers" à Qousseir, ville de l'ouest de la Syrie, théâtre de violents combats. Et ce alors que les risques d'une contagion du conflit à la région semblent de plus en plus importants.

Mardi, Moscou a insisté pour livrer des missiles à la Syrie, au grand dam d'Israël, tandis que le régime syrien a dénoncé, tout comme son allié russe, la décision de l'Union européenne de lever l'embargo sur les armes à l'opposition armée, estimant qu'il s'agissait d'un obstacle aux efforts de paix en cours.

Le Hezbollah dans le collimateur de l'ONU

Le projet de résolution, déposé par les Etats-Unis, la Turquie et le Qatar, vise ainsi notamment le Hezbollah libanais, sans le nommer. Il sera présenté au cours d'un débat en urgence devant le Conseil des droits de l'Homme, dont les résolutions n'ont toutefois pas de caractère contraignant.

Le texte "condamne l'intervention de combattants étrangers qui luttent pour le compte du régime syrien à Qousseir" et se dit "profondément préoccupé par le fait que leur implication représente une grave menace pour la stabilité régionale".

"Pourchasser le Hezbollah, même en enfer"

Sur le terrain, les insurgés défendent bec et ongle Qousseir et ses environs, face aux forces régulières qui tentent depuis plus d'une semaine de reconquérir avec l'aide du Hezbollah (chiite libanais) cette ville stratégique située dans le centre de la Syrie.

"Si l'agression du Hezbollah contre le territoire syrien ne s'arrête pas dans les 24 heures, nous prendrons toutes les actions pour le pourchasser, même en enfer", a menacé Selim Idriss, chef du conseil militaire suprême de l'Armée syrienne libre, sur la télévision Al-Arabiya.

Selim Idriss s'adressait au président libanais Michel Sleiman, au secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Livraison de missiles russes

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a justifié les livraisons prévues de systèmes sol-air sophistiqués S-300 à Damas en estimant que ces missiles visaient à dissuader toute velléité d'intervention extérieure dans le conflit.

"Des mesures de cette sorte dissuadent en grande partie certains esprits échauffés d'envisager des scénarios dans lesquels le conflit prendrait un tour international avec la participation de forces étrangères", a-t-il dit.

Israël prêt à répliquer

Mais Israël a averti qu'il réagirait en cas de livraisons de ces missiles. "Si par malheur, ils (les S-300) arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire", a affirmé le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon.

Israël a mené début mai deux raids aériens sur des cibles militaires près de Damas disant vouloir empêcher un transfert d'armes au Hezbollah, mouvement chiite libanais proche de Damas, et ennemi juré d'Israël.

Levée de l'embargo sur les armes pour les rebelles

Dans un contexte d'enlisement du conflit, qui a déjà fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG syrienne, l'UE a décidé de lever l'embargo sur les armes pour les rebelles, une mesure "soutenue" par Washington.

Les 27 sont cependant convenus de ne pas livrer d'armes aux rebelles dans l'immédiat pour ne pas nuire aux efforts de règlement politique, notamment à l'organisation de la conférence internationale de paix, initiée par Moscou et Washington et prévue en juin à Genève.


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A.S. avec AFP