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Syrie: la conférence pour la paix à la peine

Le président syrien Bachar al-Assad fait parti des points de tensions à la résolution du conlit en Syrie

Le président syrien Bachar al-Assad fait parti des points de tensions à la résolution du conlit en Syrie - -

De nombreux désaccords entravent la bonne organisation de la grande conférence pour la paix en Syrie prévue en juin à Genève malgré les pressions russo-américaines. Les deux puissances sont à l'initiative de l'événement et veulent éviter une résolution armée du conflit.

La levée de l'embargo, obtenue de haute lutte sous les pressions britanniques et françaises, concernant la vente d'armes aux rebelles syriens ne plaît pas à la Russie. Ni à la Syrie. Cette décision porte, selon un diplomate russe, un "préjudice direct" aux efforts américano-russes en vue de la conférence internationale prévue au mois de juin à Genève.

Un nouveau point de désaccord qui s'ajoute à de nombreux autres comme la composition des délégations, la liste des invités ou le sort réservé au leader syrien Bachar al-Assad.

Mais alors que de fortes présomptions existent quant à l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Damas, seul un point est acquis pour les différents partis: la solution doit être politique et non militaire.

> "Genève 2", c'est quoi?

La conférence dite de "Genève 2" aura pour socle le seul texte agréé sur la Syrie par les grandes puissances, l'accord de Genève du 30 juin 2012. Ce texte prévoit la mise en place "par consentement mutuel" d'un "gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs".

Washington et Moscou insistent fortement pour la mise en oeuvre "des principes édictés à Genève" mais le sort réservé à Bachar al-Assad ne fait pas l'unanimité et les rebelles, comme le pouvoir en place, ne donnent que trop peu de garanties.

Pour Paris, "'consentement mutuel', 'pleins pouvoirs'", sont les formules clé au coeur du processus car elles excluent un rôle pour le leader syrien.

> Qui dans les délégations?

C'est le problème numéro 1. Le régime de Damas a fourni à son allié russe une liste de représentants pour les négociations. Mais l'opposition syrienne, qui refuse de négocier avec des personnalités directement impliquées dans la répression, a récusé certains de ces noms, notamment celui du Premier ministre syrien Waël al-Halaqi.

De son côté, l'opposition, plongée dans ses divisions internes et plombée par les rivalités entre ses parrains régionaux, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, ne s'est mise d'accord sur aucune liste.

Moscou estime que l'incapacité de l'opposition syrienne à désigner un représentant constituait le "principal obstacle" à l'organisation de la conférence.

> Qui doit-être invité?

Moscou veut la présence de l'Iran, l'autre grand soutien de Damas, à la table des participants mais les Etats-Unis n'y sont pas favorables et Paris y est opposé.

La France craint notamment que Téhéran monnaie son implication dans la résolution du conflit syrien en réclamant des concessions des grandes puissances sur son programme nucléaire.

La première conférence de Genève avait rassemblé des chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne -, de pays représentant la Ligue arabe, de la Turquie, de l'UE. Mais pas l'Iran.


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S. A. avec AFP