BFMTV
Syrie

Offensive turque: 11 morts dans l'attaque d'un convoi de civils, soldats et journalistes pris pour cible en Syrie

De la fumée et des explosions dans la ville frontalière de Ras al-Raïn en Syrie, le 13 octobre 2019.

De la fumée et des explosions dans la ville frontalière de Ras al-Raïn en Syrie, le 13 octobre 2019. - Ozan Kose - AFP

Des journalistes de France 2 se trouvaient à bord de ce convoi. Ils témoignent dans un reportage ce dimanche soir de ce qu'il s'est passé à Ras al-Aïn, en Syrie.

Alors que la pression internationale se maintient sur la Turquie et que cette dernière maintient son attaque en Syrie, les combats et les bombardements turcs ont été violents sur place ce dimanche. Au moins 26 civils ont été tués selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

Parmi ces victimes au moins dix ont péri dans un raid de l'aviation turque à Ras al-Aïn contre un convoi comprenant des journalistes, selon l'OSDH. L'ONG a rapporté la mort "d'un journaliste", sans être en mesure de donner son identité. L'agence locale kurde Anha a ensuite rapporté la mort de son correspondant.

Des journalistes de France 2 se trouvaient également dans le convoi pris pour cible, comme l'une d'entre eux l'a d'abord mentionné sur Twitter. "Syrie. Nous étions dans le convoi de civils kurdes pris pour cible par les forces turques ou leurs alliés à Ras Al Ain. Notre équipe va bien mais des confrères sont morts", a dans un premier temps écrit la journaliste Stéphanie Perez. 

Plusieurs heures plus tard, les journalistes ont développé leur récit à l'occasion du journal de France 2. Ils se trouvaient dans un convoi de civils, accompagné de soldats kurdes, qui entendaient manifester contre l'offensive turque. 

Au moins 11 morts

A l'entrée de Ras al-Aïn, ils avaient déjà pu observer les premières maisons désertées par des habitants qui ont fui, des corps sans vie au sol et un poste de commandement kurde détruit, relatent-ils dans un reportage. Une quinzaine de voitures se trouvaient devant eux. C'est alors que l'avant de leur convoi de véhicules a été pris pour cible et qu'un mouvement de panique s'est créé. 

Après une pause le long de la route, ils sont repartis avec précipitation, sans savoir que plusieurs véhicules étaient en feu à une centaine de mètres. Plus tard, ils reconnaîtront sur les images des civils et collègues croisés au départ du convoi. Des dizaines de personnes sont blessées, au moins 11 ont été tuées. 

"Que s'est-il passé? L'hypothèse la plus probable: celle d'une riposte de l'armée turque, ou de ses supplétifs syriens", explique la journaliste Stéphanie Perez. 

Depuis mercredi, 104 combattants kurdes et plus de 60 civils ont été tués dans les violences, selon un dernier bilan de l'OSDH. Plus de 130.000 personnes ont été déplacées d'après l'ONU. Samedi, neuf civils avaient été "exécutés" par des rebelles pro-turcs, selon l'OSDH.

Ankara assure que toutes les mesures sont prises dans le cadre de son opération pour éviter les pertes civiles. La Turquie a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de roquettes kurdes sur des villes frontalières turques.

Liv Audigane avec AFP