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Les compagnies aériennes averties du risque de frappes en Syrie dans les 72 heures

Les compagnies averties d'éventuelles frappes en Syrie

Les compagnies averties d'éventuelles frappes en Syrie - Eric Feferberg / AFP

L'Organisation chargée de la sécurité de la navigation aérienne appelle les avions civils survolant la Méditerranée orientale à être vigilants, alors que la France et les États-Unis pourraient frapper la Syrie en réponse à l'attaque chimique présumée en Ghouta orientale.

Appel à la prudence. L’Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, mieux connue sous le nom d’Eurocontrol, a prévenu ce mardi les compagnies aériennes dont des avions survolent la Méditerranée orientale de "possibles frappes aériennes ou tirs de missiles de croisière en Syrie dans les prochaines 72 heures".

Dans un court message, l’organisation, qui s’appuie sur un document de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA), a précisé que le fonctionnement de l’équipement de radio-navigation des appareils risque d’être perturbé de façon intermittente si des opérations militaires devaient avoir lieu.

L'organisation EASA a invité les compagnies à prendre ces éléments "en considération pour l'élaboration des plans de vols pour l'est du bassin méditerranéen, dans la zone de contrôle aérien (FIR) Méditerranée orientale/Nicosie", a déclaré le porte-parole de l'agence européenne.

Air France a dores et déjà a ajusté ses plans de vol, principalement vers Beyrouth et Tel-Aviv. "Air France a pris en compte l'information de l'EASA et ajusté ses plans de vol sur les lignes concernées, principalement Beyrouth et Tel-Aviv", a indiqué la compagnie, ajoutant que "la Direction de la sûreté de la compagnie suit de près l'évolution des événements".

La France prête à frapper les "capacités chimiques" du régime syrien

Cet mise en garde d'Europol intervient alors que la France et les États-Unis ont menacé de représailles après l’attaque chimique présumée en Syrie, samedi. Mardi, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ne se sont pas accordés sur la création d’un mécanisme d’enquête sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Ce qui ne semble pas avoir érodé la détermination des Occidentaux.

En effet, la France et les États-Unis imputent cette nouvelle attaque chimique présumée au régime syrien, soutenu notamment par la Russie. Emmanuel Macron a lui-même affirmé qu’ "il y a bien eu utilisation de l’arme chimique", ajoutant que la France "annoncera dans les prochains jours" sa réponse. Si l’option militaire est envisagée, le chef de l’État a indiqué qu’ "en aucun cas les décisions que nous prendrions n’auraient vocation à toucher des alliés du régime ou s’attaquer à qui que ce soit mais bien à s’attaquer aux capacités chimiques détenues par le régime".

Trump veut répondre "avec force"

De son côté, Donald Trump s’est montré tout aussi ferme, assurant que des décisions majeures seraient prises "très bientôt" et qu’il répondrait "avec force" à Damas et ses alliés. Le président américain n’a par ailleurs pas hésité à pointé directement la responsabilité de la Russie et de l’Iran qui soutiennent "l’animal Assad".

Cette semaine, Emmanuel Macron et son homologue américain se sont entretenus à deux reprises en 48 heures. Les deux présidents souhaitent coordonner leurs réponses et ont indiqué vouloir une "réaction ferme" de la communauté internationale. Les deux hommes devraient en outre "rester étroitement en contact", a rapporté l’Élysée.

P.L