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La Syrie a évacué toutes ses armes chimiques déclarées

Un homme portant un masque à gaz escorte un enfant dans une rue enfumée d'Alep, en Syrie, le 24 mars 2013. (photo d'illustration)

Un homme portant un masque à gaz escorte un enfant dans une rue enfumée d'Alep, en Syrie, le 24 mars 2013. (photo d'illustration) - -

Avec plusieurs mois de retard, les derniers stocks d'armes chimiques déclarées par la Syrie ont été évacués du pays, ce lundi.

La Syrie a évacué lundi de son territoire ses dernières armes chimiques déclarées à la communauté internationale en vue de leur destruction en mer, a annoncé l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. "Au moment où je vous parle, le bateau (transportant les armes chimiques, NDLR) vient de quitter le port de Lattaquié", a déclaré le directeur exécutif de l'OIAC, Ahmet Uzumcu, lors d'une conférence de presse à La Haye.

Plusieurs mois de retard

"L'évacuation des stocks de précurseurs et d'autres produits chimiques était une condition fondamentale du programme visant à éliminer les armes chimiques syriennes", a ajouté la même source. Avant lundi, la Syrie avait déjà évacué quelque 92% des 1.300 tonnes d'armes chimiques qu'elle avait déclarées dans le cadre d'un accord russo-américain entériné par l'ONU et prévoyant la destruction des armes chimiques syriennes pour le 30 juin.

Avec plusieurs mois de retard, les 8% restants ont finalement quitté lundi le port de Lattaquié sur un bateau danois. Ils se trouvaient sur un seul et même site, où ils avaient même été conditionnés depuis plusieurs semaines, mais ils ne pouvaient être évacués pour des raisons de sécurité. "La situation sécuritaire a changé et le gouvernement syrien a décidé d'agir", a déclaré Ahmet Uzumcu. Le gouvernement syrien a, de son côté, confirmé l'évacuation.

Destruction sur un navire

Les produits chimiques les plus dangereux doivent être détruits par hydrolyse sur un navire américain, le Cape Ray, spécialement aménagé pour procéder à leur destruction. Ils arriveront "d'ici une semaine" au port italien où ils doivent être transférés sur le Cape Ray, selon le porte-parole de l'OIAC, Michael Luhan. D'autres produits seront détruits en Finlande, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

"La destruction sur le Cape Ray va prendre jusqu'à 60 jours, et la plupart des produits chimiques seront détruits d'ici à quatre mois", a soutenu Ahmet Uzumcu.

La Syrie a intégré la convention sur l'interdiction des armes chimiques en octobre 2013 dans le cadre d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter une intervention militaire américaine après que Damas eût été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque ayant fait 1.400 morts. Ahmet Uzumcu a salué la coopération de Damas, "malgré les retards" qui rendent impossible le respect de la date limite du 30 juin, pour laquelle les armes chimiques syriennes devaient avoir été détruites.

Attaques au chlore?

En dépit de l'annonce de ce lundi, la question des armes chimiques en Syrie est loin d'être close. Le régime du président Bachar al-Assad et les rebelles s'accusent en outre mutuellement d'utiliser des agents chimiques dans le conflit en dépit de la promesse de Damas sur la destruction de son arsenal chimique. Les résultats préliminaires d'une enquête de l'OIAC en Syrie montrent que des armes chimiques comme le chlore pourraient avoir été utilisés de "manière systématique".

Le statut du chlore en tant qu'arme chimique est ambigu. Il peut être utilisé comme arme, mais c'est avant tout un agent industriel largement répandu, avec de nombreux usages. Sa classification comme arme chimique en vertu de la convention internationale ne coule donc pas nécessairement de source et la Syrie n'avait pas l'obligation de le déclarer à la communauté internationale.

D. N. et A. S. avec AFP