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Ce que peut changer la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi pour l'avenir de Daesh

La mort d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef autoproclamé de Daesh, est un coup dur porté à l'organisation jihadiste mais elle a déjà prouvé sa résilience et anticipé la disparition de son leader, estiment des experts.

Il avait promis "une annonce très importante". Après des rumeurs relayées par la presse américaine, Donald Trump a confirmé ce dimanche en début d'après-midi qu'Abou Bakr al-Baghdadi, le leader autoproclamé de Daesh, avait été tué lors d'une opération militaire américaine dans la région d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie.

"Abou Bakr al-Baghdadi est mort", a déclaré le président américain qui a précisé que le jihadiste s'était fait exploser avec une "veste" chargée d'explosifs. "Il n'est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche", a estimé Donald Trump qui a assuré que les successeurs de Abou Bakr Al-Baghdadi avaient été "repérés" et qu'ils étaient "dans le viseur" des Etats-Unis.

Un impact minime pour l'avenir de Daesh

"Le monde est maintenant bien plus sûr", s'est félicité le président américain. Les experts soulignent toutefois que si la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi est un "coup dur porté à l'organisation jihadiste", cette dernière avait déjà "anticipé la disparition de son leader".

"Il n'est pas certain qu'une telle perte symbolique affecte fondamentalement la direction opérationnelle de Daesh, depuis longtemps aux mains de professionnels aguerris", explique ainsi Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po-Paris. "En ce sens, cette disparition pourrait avoir à terme un moindre impact que n'en avait eu pour Al-Qaïda l'élimination d'Oussama Ben Laden", ajoute-t-il.

A Bagdad, le chercheur Hicham al-Hachémi, l'un des meilleurs spécialistes des mouvements jihadistes dans la région, estime que "le plus probable est que la mort d'al-Baghdadi créé un moment de silence et une pause dans les attaques terroristes, comme cela avait été le cas après l'assassinat d'Abou Omar al-Bagdadi", ancien chef d'Al-Qaïda en Irak, dont est issu Daesh, tué en 2010.

"L'Histoire nous a appris (à travers la mort d'al-Zarqawi et d'autres chefs) que le mouvement est résilient sur le plan opérationnel et va capitaliser sur la mort d'al-Baghadi pour recruter et appeler à de nouvelles attaques", prévient quant à elle Rita Katz, directrice de SITE Intelligence Group, un groupe américain spécialisé dans la surveillance des mouvements jihadistes.
Mélanie Rostagnat avec AFP