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Pour la première fois, un drone pakistanais a tué des jihadistes présumés

Aasif Hassan

Aasif Hassan - AFP

Des tests depuis le mois de mars

Islamabad condamne depuis une décennie les tirs de drones américains dans les fiefs talibans du nord du pays, considérés comme une atteinte à sa "souveraineté", même si des documents rendus publics au cours des dernières années suggèrent plutôt une collaboration entre les deux pays pour certaines de ces frappes.

En mars dernier, l'armée pakistanaise avait amorcé des tests avec son propre drone armé "Buraq", nom de la monture mythique du prophète Mahomet pour son voyage nocturne de La Mecque à Jérusalem, dans le cadre de son opération contre les bastions des talibans et d'Al-Qaïda dans le nord-ouest.

L'Inde planche aussi sur un drone de combat

Il n'a pas été possible de confirmer le bilan de l'armée de sources indépendantes, le secteur de Shawal étant interdit d'accès aux journalistes pakistanais comme étrangers. Tapissée d'une forêt dense qui y complique les opérations militaires, la vallée de Shawal est l'un des derniers refuges de jihadistes dans la zone tribale du Waziristan du Nord, quartier général depuis une décennie de différentes factions talibanes et d'Al-Qaïda.

Après des années de tergiversations, l'armée pakistanaise y avait lancé en juin 2014 une vaste opération antitalibane qui se concentre précisément ces jours-ci dans la vallée de Shawal. Jusqu'à présent, seuls les États-Unis, Israël et la Grande-Bretagne avaient utilisé des drones dans des combats, selon un rapport de la New America Foundation, un centre de recherche à Washington, bien que de nombreux autres pays affinent leur technologie en la matière, y compris l'Inde, la rivale du Pakistan.

Une ressemblance étrange avec le drone chinois Rain C-3

Selon différents rapports, le Buraq pakistanais ressemble étrangement aux drones armés Rain CH-3 de la Chine, partenaire économique, militaire et politique du Pakistan. Son entrée en service demeure néanmoins un "développement important" pour les militaires pakistanais, a souligné Shaukat Qadir, un ancien haut gradé de l'armée devenu analyste.

"Cela fait longtemps que nous entendions parler de ce nouveau système de défense qui jouera un rôle important" contre des factions talibanes, a-t-il ajouté. L'armée est aussi impliquée dans un conflit l'opposant aux rebelles de la province minière du Baloutchistan, et dans des accrochages avec les forces indiennes à la frontière des deux puissances nucléaires rivales.

la rédaction avec AFP