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Assauts en Irak: les jihadistes se rapprochent de Bagdad

Des jihadistes de l'EIIL le 11 juin près de Tikrit, dans une vidéo de propagande.

Des jihadistes de l'EIIL le 11 juin près de Tikrit, dans une vidéo de propagande. - -

Les jihadistes de l'EIIL intensifient leur offensive en Irak après s'être emparés de larges territoires face à une armée dépassée, et se rapprochent de la capitale.

Les rebelles jihadistes sont en train d'opérer une offensive fulgurante vers le sud de l'Irak, en direction de Bagdad, s'emparant sur leur chemin de larges territoires face à une armée en totale déroute.

Depuis leur prise mardi de Mossoul, la deuxième ville du pays, un demi-million d'habitants ont été poussés à la fuite. En quelques heures, les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant, l'EIIL, ont ainsi pris par la force la province de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu. Là-bas, ils retiennent en otage 48 Turcs, dont le consul de Turquie et des enfants. Ils se sont ensuite emparés de plusieurs localités dans les provinces de Kirkouk et Salaheddine.

Les citoyens appelés à prendre les armes

Selon des responsables, les insurgés ont ensuite tenté de prendre Baïji, où se trouve l'une des plus grandes raffineries pétrolières du pays, mais se sont retirés à l'arrivée de renforts de l'armée. Ils ont cependant emporté Tikrit, chef-lieu de province également, et se trouvaient mercredi en fin de journée aux portes de Samarra, face aux forces de sécurité du pays. Ce bastion se situe à 110 km seulement de Bagdad, la capitale.

Impuissant et miné par des clivages confessionnels, le gouvernement irakien, dominé par les chiites, a annoncé qu'il allait fournir des armes aux citoyens qui se porteraient volontaires pour combattre les insurgés, et appelé le Parlement, qui doit se réunir jeudi, à décréter "l'état d'urgence". Les Etats-Unis, qui avaient envahi l'Irak en 2003 et renversé le président sunnite Saddam Hussein avant de se retirer fin 2011, estiment pour leur part que les autorités irakiennes devaient elles-mêmes lui faire face, malgré la gravité de la situation.

L'armée déserte face à la puissance des jihadistes

Mais face à l'avancée dans le Nord des combattants jihadistes aguerris, soldats et policiers irakiens montreraient peu de résistance et abandonneraient leurs postes, selon des responsables irakiens et des témoins. Les troupes irakiennes, formées par les Etats-Unis à partir de zéro après la dissolution de celle de Saddam Hussein, n'ont jamais réussi à devenir une véritable force armée.

Selon des experts militaires, l'EIIL est formé en grande partie en Irak d'ex-cadres militaires et ex-membres des services de sécurité de Saddam Hussein qui ont rejoint l'insurrection peu après l'invasion 2003 après avoir été rejetés par les Américains.

L'EIIL, basé dans l'ouest irakien d'où il s'est infiltré en Syrie via une longue frontière poreuse, ambitionne d'installer un Etat islamique. Aidé par des tribus hostiles au gouvernement, ce groupe jouit aussi d'un certain soutien au sein de la minorité sunnite qui s'estime marginalisée par le pouvoir, majoritairement chiite.

Alexandra Gonzalez avec AFP