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Démission au sein du gouvernement israélien

Amir Peretz s'interroge à haute voix sur sa probable démission.

Amir Peretz s'interroge à haute voix sur sa probable démission. - Harold Hyman - BFMTV

L'aile gauche du gouvernement israélien de coalition se sent frustrée par la droitisation du Premier ministre Benjamin Netanyahou, surtout en ce qui concerne les Palestiniens.

Malgré les violences à Jerusalem-Est, la classe politique israélienne semblait sereine, jusqu'à ce dimanche 9 novembre. Le ministre de l'Environnement, ancien ministre de la Défense pendant la guerre contre le Hezbollah en 2006, Amir Peretz, a craqué et annoncé sa démission du gouvernement Netanyahou. Il s'explique dans son langage cru et direct: "Ce gouvernement: pas facile d'y être pour moi, la pauvreté des Israéliens s'aggrave. Je suis l'homme des grèves dures et de la justice sociale." Peretz est en fait ulceré par l'appauvrissement d'une catégorie d'Israéliens et s'en va donc officiellement en raison de son opposition au projet de Budget 2015, qu'il qualifie "d'anti-social".

Mais Peretz est surtout perturbé par la micro-intifada palestinienne actuelle. Car pour lui, les pourparlers de paix existent, sans réelle chance certes, mais avec le mérite de faire baisser un peu la pression. "Si plus rien n'est possible dans le dialogue avec les Palestiniens, alors je quitterai ce gouvernement."

Voilà qui semble se concrétiser. Le symbole est fort: Peretz est l'homme de la gauche travailliste qui a accepté le pari du droitier Ariel Sharon qui consistait à restituer Gaza. Peretz est également célèbre en Israël pour avoir été grand blessé militaire de la Guerre du Kippour en 1973.

Aujourd'hui, Peretz est devenu l'homme qui, à la suite de la guerre de 2006, lorsque le Nord d'Israël vivait sous la menace des bombes du Hezbollah, trouva la parade pour les guerres qui allaient suivre: le Dôme de Fer, ce système antiroquettes ultra-sophistiqué.

Vision historique

En effet, en 2006-2007 il choisit de lancer le programme d'armement de ces intercepteurs antiroquettes aujourd'hui célèbres. Des batteries de missiles guidés qui traquent les roquettes de moyenne portée du Hezbollah et du Hamas. 

Par cette décision technologique militaire, Peretz permit aux Forces de défense israéliennes de contrecarrer les pluies de roquettes qui ont plu sur le pays en novembre 2012, puis à l'été 2014. Vu le succès des tirs antiroquettes, tous les Israéliens rendent hommage à la vision de Peretz.

En démissionnant, il donne un message fort au monde: la voie de Netanyahou, spécifiquement dans le dossier israélo- palestinien, ne lui convient vraiment pas. Le Premier ministre est otage des durs de son pays, dit Peretz qui, en quittant la coalition complexe actuelle, rend des élections générales tout à fait probables.