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Migrations: l'agence européenne Frontex mise en cause pour des refoulements en mer

Le bateau bulgare "Obzor", en mission au large de l'île grecque de Lesbos pour le compte de Frontex, a recueilli en mer quelque 900 migrants - Jeudi 18 Février 2016

Le bateau bulgare "Obzor", en mission au large de l'île grecque de Lesbos pour le compte de Frontex, a recueilli en mer quelque 900 migrants - Jeudi 18 Février 2016 - Aris Messinis - AFP

Selon l'enquête de plusieurs médias, Frontex est notamment accusée d'avoir fermé les yeux sur des pratiques illégales menées par des gardes-frontières grecs, voire même d'y avoir pris part.

Frontex, l'agence européenne de surveillance des frontières, est impliquée dans plusieurs incidents de refoulement en mer de bateaux de demandeurs d'asile traversant la mer Egée entre la Turquie et la Grèce, affirme une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Spiegel.

Les investigations menées "montrent pour la première fois que les responsables de Frontex sont conscients des pratiques illégales des gardes-frontières grecs - et sont en partie impliqués dans les refoulements eux-mêmes", affirme le Spiegel dans un article disponible en ligne ce samedi.

"Une pratique illégale"

Nos confrères assurent avoir documenté six cas survenus depuis avril en mer Egée dans lesquels des équipes de Frontex ont au minimum assisté sans réagir à des refoulements vers la Turquie de bateaux de réfugiés se trouvant dans les eaux grecques, une pratique illégale.

Dans un cas, en juin, une vidéo montre un navire de Frontex bloquant un bateau de réfugiés, puis, dans une autre scène enregistrée, passant devant le bateau de réfugiés à grande vitesse avant de quitter les lieux.

Outre le Spiegel, les recherches ont été menées par un magazine de la chaîne allemande ARD, le collectif de journalistes "Lighthouse Reports", la plateforme d'investigations "Bellingcat" et la chaîne de télévision japonaise "TV Asahi". Les auteurs expliquent avoir comparé des "dizaines" de vidéos, images satellite, récits de témoins oculaires, dont des réfugiés et des employés de Frontex.

L'agence européenne de surveillance des frontières a engagé plus de 600 agents en Grèce, une des portes d'entrée de l'UE, ainsi que des bateaux, des drones et des avions, selon l'article.

Frontex n'a pas commenté les cas précis soulevés par la recherche, indique le Spiegel, mais a déclaré que ses agents étaient liés par un code de conduite en matière de droits de l'homme et respectaient l'interdiction des refoulements.

Frontex agit "dans le respect des droits fondamentaux et de la loi internationale"

Sans mentionner l'article, Frontex a indiqué vendredi soir sur son compte Twitter avoir été "en contact avec les autorités grecques à propos d'incidents en mer ces derniers mois" et qu'Athènes avait ouvert une "enquête interne". Frontex agit "dans le respect des droits fondamentaux et de la loi internationale", souligne l'agence sur Twitter.

Le gouvernement conservateur grec a toujours rejeté les allégations de refoulements illégaux à ses frontières dont font régulièrement état plusieurs ONG.

Ma. D. avec AFP