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Mariam al-Mansouri, la femme pilote qui bombarde la Syrie

Mariam al-Mansouri, le 13 juin 2014, à bord d'un avion de combat.

Mariam al-Mansouri, le 13 juin 2014, à bord d'un avion de combat. - Ho - Wam - AFP

Une femme pilote des Emirats Arabes Unis a participé aux premières frappes aériennes contre les jihadistes de Daesh. Une responsabilité militaire rare pour une femme dans un pays encore très conservateur.

L'image a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end: on y voit une femme-soldat assise aux commandes d'un F-16, cockpit et casque relevés, grand sourire aux lèvres. Elle, c'est le commandant Mariam al-Mansouri, originaire des Emirats Arabes Unis. D'autres rares clichés d'elle la montrent en tenue militaire, un voile musulman recouvrant sa chevelure.

La jeune femme, âgée de 35 ans, a participé aux premières frappes aériennes menées par Washington et ses alliés contre les jihadistes de Daesh (anciennement Etat islamique, ndlr) en Syrie. Une source émiratie précise que Mariam al-Mansouri a "non seulement piloté un avion de combat, mais a aussi commandé une escadrille" de l'armée de l'air.

Des femmes dans les rangs de Daesh

Depuis, la jeune femme, diplômée en 2007 du Khalifa bin Zayed Air Force College, fait sensation sur Twitter, de nombreux messages saluant son engagement, et certains relevant qu'une "femme" bombarde les jihadistes, sorte d'"humiliation suprême" pour ces combattants.

Pourtant, les jihadistes de Daesh ont aussi des femmes dans leurs rangs armés. Ainsi, en février dernier, le quotidien arabe Asharq Al-Awsat rapportait que Daesh avait créé deux brigades de combattantes âgées de 18 à 25 ans, basées à Raqqa, en Syrie, pour faire régner la loi islamique.

Les jihadistes ont cependant vivement réagi à la médiatisation du commandant Mariam al-Mansouri, proférant des menaces à son encontre. "On ne doit pas oublier le visage d'un criminel. Gardez-le en mémoire jusqu'à ce qu'il soit puni", a écrit un partisan de Daesh sur Twitter.

Un pays encore très conservateur

De son côté, Mariam al-Mansouri tient bon et défend la cause des femmes. "L'homme et la femme ont le droit d'intégrer tous les domaines (...) pour se hisser au plus haut niveau", a-t-elle récemment déclaré à la télévision d'Etat. Pourtant, dans ce pays encore très conservateur, les Emirats Arabes Unis, l'histoire de Mariam al-Mansouri reste une exception, même si la situation s'est améliorée ces dernières années, comme avec l'obtention du droit de vote pour les femmes en 2006.

"La première femme pilote émiratie a bombardé l'Etat islamique, mais les Emirats Arabes Unis ne sont pas les parangons des droits des femmes", rappelle sur Twitter Andrew Stroehlein, responsable à l'ONG Human Rights Watch. Ainsi, selon un rapport de l'ONG, la loi permet aux hommes, et à eux seuls, de pratiquer la polygamie en ayant jusqu'à quatre épouses, et interdit aux femmes musulmanes, mais pas aux hommes, d'épouser des non-musulmans.

Alexandra Gonzalez