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Mali: qui sont les treize militaires morts dans l'accident de deux hélicoptères?

Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort au Mali dans la collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes.

Ils étaient brigadier, lieutenant, adjudant-chef... Treize militaires français de la force Barkhane sont morts lundi soir au Mali dans la collision accidentelle de deux hélicoptères, lors d'une opération de combat contre des djihadistes, a annoncé ce mardi l'Elysée. Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

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Une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame ayant entraîné la mort de six officiers, six sous-officiers et un caporal-chef. Plus précisément, sept militaires issus du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau se trouvaient à bord des deux engins, précise le ministère des Armées dans un communiqué.

  • Nicolas Mégard, capitaine

Âgé de 35 ans, Nicolas Mégard est engagé dans l'armée depuis plus de 14 ans. Marié et père de trois enfants, ce capitaine originaire de Villeneuve-Saint-Georges était engagé au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau depuis novembre 2014. "Toujours performant" et "d'une grande disponibilité", cet "officier exemplaire" est décrit comme un "tacticien chevronné", "il fait toujours preuve d'une très grande hauteur de vue". Il a été envoyé quatre fois au Mali entre 2015 et 2017 dans le cadre de l'opération Barkhane. 

  • Benjamin Gireud, capitaine

Le capitaine Benjamin Gireud, âgé de 32 ans, était engagé dans l'armée depuis plus de dix ans. Il avait effectué sa première mission au Tchad dans le cadre de l'opération Épervier en 2013, avant d'effectuer plusieurs missions au Mali dans le cadre de l'opération Barkhane de 2016 à 2018. Benjamin Gireud est décrit comme "travailleur acharné", "un chef exemplaire, apprécié de ses subordonnés", mais aussi comme un "officier pilote rigoureux et très performant".

  •  Clément Frison-Roche, capitaine

Le capitaine Clément Frison-Roche, 28 ans, était originaire de Saint-Mandé. Il était affecté au 5e régiment d'hélicoptères de combat à l'escadrille d'hélicoptères d'appui protection n°1. Marié et père d'un enfant, Clément Frison-Roche était décrit comme un chef "passionné et exemplaire", "rigoureux et très performant en toutes circonstances", aux "belles qualités humaines" et "aux très bonnes qualités techniques".

  • Alex Morisse, lieutenant

Affecté à l'escadrille d'hélicoptères d'appui protection n°1 au 5e régiment d'hélicoptères de combat, le lieutenant Alex Morisse avait été projeté sur l'opération Barkhane dès 2017. Âgé de 31 ans, ce jeune officier originaire de Champigny-sur-Marne était pacsé. Il est décrit comme "rigoureux et consciencieux en toutes circonstances". "Il se montre exemplaire et suscite tout naturellement l'adhésion de ses subordonnés", précise l'Armée de Terre.

  • Pierre Bockel, lieutenant

Âgé de 29 ans et originaire de Mulhouse, le lieutenant Pierre Bockel était affecté au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau depuis 2015. Dans le cadre de l'opération, et c'était la 4e fois qu'il était projeté au Mali en tant que pilote sur Cougar Rénové, dans le cadre de l'opération Barkhane. Pierre Bockel, décrit comme un "officier de grande classe et exemplaire", était le fils de l'ancien ministre centriste (du gouvernement Fabius et Fillon II) et sénateur UDI Jean-Marie Bockel. Le jeune homme était un pilote "opérationnel performant", "sportif d'excellent niveau" mais aussi "très apprécié de ses subordonnés et de ses chefs".

  • Julien Carette, adjudant-chef

L'adjudant-chef Julien Carette, 35 ans et originaire de Roubaix, était "un mécanicien de premier ordre", naviguant l'hélicoptère Cougar dans le cadre de l'opération Barkhane. Ce père de deux enfants, qui vivait en couple, avait était projeté à de nombreuses reprises en Côte d'Ivoire, au Tchad, au Mali, au Burkina Faso ou encore en Afghanistan depuis 2013. Ce sous-officier était "charismatique et passionné par son métier", un soldat "à l'entier dévouement" et à "la grande efficacité".

  • Romain Salles de Saint-Paul, brigadier-chef

Romain Salles de Saint-Paul, brigadier-chef de 35 ans, était engagé depuis plus de dix ans en tant que miliaire du rang au 5e régiment d'hélicoptères de combat, puis en tant qu'opérateur membre opérationnel de soute au sein de l'escadrille d'hélicoptères de manoeuvre n°3, faisant de lui l'un des premiers engagés volontaires à avoir le statut de personnel navigant. Marié et père de deux enfants, ce brigadier-chef était "un très bon technicien ayant toujours à coeur de mener à bien ses missions". Qualifié de "particulièrement disponible et agréable à commander", Romain Salles de Saint-Paul était "très apprécié de tous", et "pleinement investi dans la cohésion de son peloton".

  • Romain Chomel de Jarnieu, capitaine

On compte également parmi les victimes quatre soldats du 4e régiment de chasseurs de Gap. Parmi eux, le capitaine Romain Chomel de Jarnieu, âgé de 34 ans et originaire de La-Roche-sur-Yon. À partir de 2016, le capitaine Romain Chomel de Jarnieu est projeté plusieurs fois au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane, d'abord au Tchad puis au Mali en tant que "chef d'équipe commando", où "il appuie parfaitement son commandant d'unité malgré une menace avérée". Une mission pour laquelle il recevra la médaille d'or de la défense nationale.

  • Alexandre Protin, maréchal des logis-chef

À 33 ans, Alexandre Protin était maréchal des logis-chef depuis mai 2014, après avoir été d'abord brigadier en tant que tireur anti-char moyenne portée depuis 2011. Ce jeune homme, qui vivait en concubinage et avait déjà effectué une courte mission en Côte d'Ivoire et deux missions au Mali avant de se rendre au Mali une troisième fois au sein du groupement tactique désert aérocombat en tant que tireur Minimi. Il était qualifié de "rigoureux" et "enthousiaste", "recherchant les responsabilités". 

  • Antoine Serre, maréchal des logis

La plus jeune victime de cette intervention militaire n'était âgée que de 22 ans. Pacsé, Antoine Serre était maréchal des logis dans le 4e régiment de chasseurs de Gap depuis janvier 2016, où il s'est imposé par "son dynamisme, son exemplarité et son engagement au quotidien". "Amoureux de la montagne", le jeune homme est décrit comme "volontaire et réactif". Depuis juin 2017, il avait déjà effectué deux mission au Mali. Cette fois, cet "élément moteur" était engagé dans le cadre de l'opération Barkhane en tant que "secouriste au combat de 2e niveau".

  • Valentin Duval, maréchal des logis

Du haut de ses 24 ans, Valentin Duval a accompli toute sa carrière au sein du 4e régiment de chasseurs. Ce jeune homme originaire de Rouen "amoureux de la montagne" avait été nommé maréchal des logis en décembre 2017, avait déjà effectué deux missions au Mali en tant que technicien graphiste, "où ses compétences en transmissions font de lui un élément indispensable pour son unité". Lors de cette troisième mission, Valentin Duval était chef de cellule radio au sein du groupement tactique désert aérocombat. 

  • Jérémy Leusie, maréchal des logis-chef

Avec eux se trouvait aussi le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie, du 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces, en Isère. Il était entré dans l'armée en 2007, et était considéré comme un "soldat de grande valeur, motivé et volontaire", après deux missions réussies au Mali. Pacsé et âgé de 33 ans, Jérémy Leusie était décrit comme un "chef d'équipe" aux "qualités professionnelles et physiques exceptionnelles".

  • Andreï Jouk, sergent-chef

Le sergent-chef du 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol, âgé de 43 ans, a rejoint les rangs de la légion il y a quasiment 11 ans. Également marié et père de quatre enfants, le sergent-chef Andreï Jouk était un "chef d'équipe et un légionnaire de montagne discipliné, dévoué à ses chefs et particulièrement investi dans toutes les missions qui lui étaient confiées". Il avait déjà effectué plusieurs missions: une en Afghanistan, deux au Mali, une en Guyane ainsi que plusieurs renforcements à Djibouti. 

"Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France toute entière. Je tiens à assurer aux familles endeuillées que l'institution militaire est à leurs côtés dans cette épreuve", a déclaré Florence Parly, la ministère des Armées.

Emmanuel Macron a quant à lui salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel". 

Ambre Lepoivre et Jeanne Bulant