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Mali : Paris prêt à débloquer 280 millions d'euros pour aider le pays

Un enfant devant le marché de Gao, au Mali, détruit par un incendie après l’attaque d’un groupe islamique armée, en février.

Un enfant devant le marché de Gao, au Mali, détruit par un incendie après l’attaque d’un groupe islamique armée, en février. - -

La France est prête à participer à hauteur de 280 millions d'euros à l'aide au Mali. La conférence des bailleurs internationaux a lieu ce mercredi à Bruxelles, où près de 80 pays seront représentés. Le Mali a besoin de 2 milliards d'euros. Indispensable pour assurer la stabilité du pays, selon une association humanitaire.

La France devrait participer à hauteur de 280 millions d'euros à l'aide au Mali lors de la conférence des bailleurs internationaux organisée mercredi à Bruxelles, où près de 80 pays seront représentés. Le Mali évalue à près de deux milliards d'euros le montant nécessaire pour reconstruire le pays, où une action armée a été lancée en janvier avec l'aide de la France pour chasser les rebelles islamistes qui occupaient le nord du pays. Débloqué pour deux ans, l'argent devrait notamment servir à financer des programmes d'éducation, de santé, des infrastructures et des projets de lutte contre la corruption.

« Retenir les leçons de l’Afghanistan et de la Somalie »

Pour Mariétou Diaby, de l'organisation humanitaire Oxfam au Mali, l'attention de la communauté internationale ne doit pas se limiter à des questions de sécurité et de terrorisme. « Les donateurs doivent retenir des leçons de crises comme l'Afghanistan et la Somalie », déclare-t-elle. « Ils doivent jeter les bases d'une prospérité véritable au Mali. Sinon, ils n'auront fait que la moitié du travail ».
Une partie de la population malienne souffre de problèmes d'approvisionnement en nourriture. Les combats ont entraîné le déplacement d'environ 467 000 personnes, soit le tiers des habitants du nord du pays. Le plan préparatoire à la conférence de Bruxelles fixe 12 priorités pour le pays, dont le maintien de la paix et l'organisation d'élections crédibles.

Pas d’argent sans progrès démocratique

Les autorités maliennes, soutenues par Paris et des capitales africaines, espèrent être en mesure d'organiser fin juillet une élection présidentielle. « On est en train de gagner la guerre, maintenant il faut gagner la paix », déclarait lundi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. « Il faut du développement économique », a-t-il ajouté, soulignant que les « sommes ne seront pas débloquées s'il n'y a pas en même temps un progrès démocratique ». Selon des sources diplomatiques françaises, le vote pourrait avoir lieu le 28 juillet, avec un second tour en août. François Hollande et son homologue du Niger, Mahamadou Issoufou, ont insisté la semaine dernière sur l'organisation d'un vote « sur tout le territoire malien ».
Paris a commencé à réduire les effectifs de son dispositif militaire au Mali pour confier un rôle accru à la force ouest-africaine, qui devrait être intégrée à partir de juillet dans la future force de paix de l'Onu, baptisée Minusma.

Philippe Gril avec Reuters