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Macron exige la libération "sans délai" de deux chercheurs français détenus en Iran

Emmanuel Macron et Hassan Rohani, le 27 septembre 2019, au siège de l'ONU.

Emmanuel Macron et Hassan Rohani, le 27 septembre 2019, au siège de l'ONU. - LUDOVIC MARIN / AFP

Fariba Adelkhah et Roland Marchal sont détenus en Iran depuis le mois de juin. Ils sont notamment poursuivis pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale".

Emmanuel Macron a demandé ce mardi au président iranien Hassan Rohani "la libération sans délai" des deux chercheurs retenus en Iran, dont Fariba Adelkhah, contre laquelle l'accusation d'espionnage a été levée.

Levée des accusations d'espionnage

"Prenant acte des récents développements", Emmanuel Macron a "appelé à la libération sans délai de nos compatriotes Fariba Adelkhah et Roland Marchal", indique l'Elysée à l'issue d'un entretien téléphonique entre les deux présidents portant également sur la situation tendue dans la région.

Fariba Adelkhah, franco-iranienne, spécialiste du chiisme au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris, et Roland Marchal, français, spécialiste de la Corne de l'Afrique, lui aussi au CERI, ont été arrêtés en juin. Paris ne cesse depuis de réclamer leur libération.

Les autorités judiciaires iraniennes ont levé l'accusation d'espionnage visant Fariba Adelkhah, a annoncé mardi son avocat Saïd Dehghan, se réjouissant de l'abandon de ce chef d'accusation pouvant être passible, dans certains cas, de la peine de mort.

La chercheuse reste néanmoins poursuivie pour deux autres chefs d'accusation: "propagande contre le système" politique de la République islamique, et "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale", selon l'avocat. La première accusation est passible de trois mois à un an d'emprisonnement, la seconde, de deux à cinq ans.

Ingérence dans les affaires intérieures

Roland Marchal est poursuivi lui aussi pour "collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale". Face aux demandes répétées de Paris pour leur libération, Téhéran dénonce ce qu'il présente comme une ingérence dans ses affaires intérieures.

L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité. Les arrestations d'étrangers en Iran, notamment binationaux, accusés souvent d'espionnage, se sont multipliées depuis le retrait unilatéral en 2018 des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien et le rétablissement de dures sanctions américaines contre Téhéran.

La France a de nouveau appelé "l'Iran à s'abstenir de toute mesure de nature à aggraver l'escalade en cours" dans la région après l'assassinat d'un général iranien par une frappe américaine en Irak.

Selon le CERI, Fariba Adelkhah et une universitaire australienne, Kylie Moore-Gilbert, détenue avec elle à la prison d'Evin à Téhéran, ont entamé une grève de la faim illimitée le 24 décembre. Me Dehghan a indiqué que sa cliente poursuivait cette grève de la faim.

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E.P avec AFP