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Libéralisation du port d'armes, privatisations: ce que veut faire Bolsonaro au Brésil 

Jair Bolsonaro, qui a pris ses fonctions mardi, a annoncé donner 100 jours au gouvernement pour mettre en place les premières mesures.

Jair Bolsonaro est officiellement devenu président du Brésil mardi, après une investiture en grande pompe laissant le pays face à de nombreuses inquiétudes. Elu pour un mandat de quatre ans fin octobre, le président d'extrême-droite, souvent qualifié de "Trump tropical" a promis de "rétablir l'ordre, libérer son pays du joug de la corruption et de la criminalité."

"Aujourd'hui est le jour où le peuple commence à se libérer du carcan du socialisme et du politiquement correct", a t-il déclaré, lors de son discours d'investiture, salué par Donald Trump. Alors que les ministres du nouveau gouvernement prennent leur fonction ce mercredi, Jair Bolsonaro a annoncé se donner 100 jours pour mettre en route les réformes prioritaires et éventuellement révoquer certaines lois existantes. 

100 jours pour mettre en place les premières mesures

Dès le soir de son investiture, Jair Bolsonaro a pris un premier décret augmentant le salaire mensuel minimum à 998 réais (225 euros), sans toutefois aller au-delà de la barre des 1.000 réais, signe de l'austérité qui s'annonce pour un Etat appelé à se serrer la ceinture. 

Il a pris une autre mesure très polémique dès mardi, en plaçant sous la tutelle du ministère de l'agriculture la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones. Auparavant, l'attribution de ces territoires était régulée par la Fondation de l'Indien (Funai), organisme publique chapeauté jusqu'à présent par le ministère de la Justice. Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l'appétit vorace de l'agrobusiness.

Autoriser la détention d'armes

Parmi les grandes mesures du nouveau gouvernement, plusieurs concernent la sécurité. Le Brésil est en effet l'un des pays les plus violents au monde avec 63.880 homicides en 2017 selon une ONG. Samedi, le président a annoncé sur Twitter son intention d'autoriser par décret la détention d'armes à toute personne sans casier judiciaire.

Il souhaite par ailleurs "laisser carte blanche" aux forces de l'ordre pour abattre des criminels présumés. En d'autres termes, l'armée ou la police pourrait tirer à vue sans avoir à rendre de compte ensuite. 

Vaste programme de privatisations

En matière d'économie, Jair Bolsonaro adopte clairement une position néo-libérale. Il souhaite se lancer dans un vaste programme de privatisations des entreprises publiques et vendre certaines propriétés de l'Etat pour rembourser la dette brésilienne. 

Le programme du nouveau président brésilien reste néanmoins flou sur plusieurs questions, notamment sur l'écologie, inquiétant les défenseurs de l'environnement. D'après RFI, "Jair Bolsonaro ne cache néanmoins pas son intention d'autoriser des projets industriels, hydrauliques et miniers dans les zones protégées", par exemple, en Amazonie.

Cyrielle Cabot