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Les USA vont soutenir militairement l'opposition syrienne

Les Etats-Unis sont parvenus à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient utilisé des armes chimiques dans la guerre en Syrie et Barack Obama a décidé, jeudi, d'octroyer une "assistance militaire directe" à l'opposition syrienne. /Photo prise

Les Etats-Unis sont parvenus à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient utilisé des armes chimiques dans la guerre en Syrie et Barack Obama a décidé, jeudi, d'octroyer une "assistance militaire directe" à l'opposition syrienne. /Photo prise - -

par Matt Spetalnick et Erika Solomon WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis sont parvenus à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient...

par Matt Spetalnick et Erika Solomon

WASHINGTON (Reuters) - Les Etats-Unis sont parvenus à la conclusion que les forces de Bachar al Assad avaient utilisé des armes chimiques dans la guerre en Syrie et Barack Obama a décidé, jeudi, d'octroyer une "assistance militaire directe" à l'opposition syrienne.

La Maison blanche, qui a annoncé la décision, n'a pas précisé si ce soutien impliquerait la fourniture d'armes létales, ce qui marquerait un changement de position du président américain réticent à armer les insurgés syriens.

Toutefois, une source au fait du dossier a indiqué que les nouvelles dispositions prévoyaient l'envoi d'armes, Barack Obama estimant qu'une "ligne rouge" a été franchie avec l'emploi d'agents chimiques dont du gaz sarin.

"Le président avait clairement indiqué que l'usage d'armes chimiques ou le transfert d'armes chimiques à des groupes terroristes constituait une ligne rouge", a expliqué à la presse Ben Rhodes, conseiller adjoint d'Obama à la sécurité nationale.

"Il (Obama) avait dit que l'emploi d'armes chimiques changerait la donne et c'est le cas", a-t-il ajouté.

Cette décision intervient après d'intenses délibérations entre Obama et ses conseillers à la sécurité nationale et au moment où les pressions tant intérieures qu'étrangères se multipliaient en faveur d'un soutien des insurgés qui ont subi des revers récemment.

Plusieurs mois d'enquête ont été nécessaires avant que la Maison blanche acquiert la certitude que les troupes pro-Assad avaient effectivement employé des armes chimiques.

Cette escalade a "changé la donne" quant à la position que Washington entendait adopter à l'égard de ce conflit qui dure depuis mars 2011 et a fait plus de 93.000 morts, selon un bilan établi par les Nations unies.

RENCONTRE EN TURQUIE

"Au terme d'un examen mûrement réfléchi, nos services de renseignement ont évalué que le régime d'Assad avait utilisé contre les opposants des armes chimiques, y compris du gaz sarin, à petite échelle mais à de multiples reprises l'an dernier", a précisé Ben Rhodes.

"Nos services de renseignement estiment qu'entre 100 et 150 personnes ont été tuées par des attaques à l'arme chimique en Syrie à ce jour. Toutefois, le bilan est probablement incomplet".

Ces évaluations des services américains sont corroborées par celles de la Grande-Bretagne qui a indiqué jeudi soir avoir des preuves croissantes démontrant que les forces gouvernementales syriennes ont fait usage et continuent de faire usage d'armes chimiques.

La Grande-Bretagne et la France avaient oeuvré pour convaincre l'Union européenne de lever l'embargo sur les armes à destination des rebelles. Pour l'instant, ni Paris, ni Londres n'ont annoncé qu'ils allaient armer directement les insurgés.

Responsables européens et américains rencontrent vendredi en Turquie Salim Idriss, le commandant en chef de l'Armée syrienne libre (ASL), principale force combattante rebelle sur le terrain.

Les Occidentaux estiment qu'un soutien aux troupes de Salim Idriss permettrait de faire contrepoids à l'influence croissante de groupes sunnites liés à Al Qaïda qui ont rejoint l'insurrection.

L'opposition syrienne et les combattants sur le terrain, souvent faiblement armés, ont essuyé plusieurs revers récents, notamment avec la perte de Koussaïr, et se trouvent sur la défensive dans plusieurs régions du pays.

Les insurgés disent avoir besoin "de grandes quantités d'armes et de munitions, d'armes antiaériennes et d'armes sophistiquées".

ZONE D'EXCLUSION AÉRIENNE

George Sabra, qui assure l'intérim à la tête de la Coalition nationale syrienne (CNS), a plaidé en faveur de la livraison "d'armes antichar et d'armes antiaériennes", espérant "des résultats positifs" de cet engagement américain.

Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, précise que la proposition de l'US Army recommanderait une zone d'exclusion aérienne d'environ 40 km qui serait assurée par les avions américains et alliés stationnés en Jordanie.

Il s'agirait d'une zone protégée des combats permettant d'abriter des réfugiés et d'entraîner des rebelles en territoire syrien, le long de la frontière jordanienne.

L'envoi de plusieurs milliers de combattants chiites du Hezbollah libanais aux côtés des troupes syriennes avait modifié l'équilibre des forces sur le terrain et permis aux pro-Assad d'enregistrer des succès.

Ces derniers semblent avoir concentré des forces près d'Alep, jeudi, en particulier à proximité de l'aéroport que les rebelles avaient tenté de reprendre. Une offensive a également été lancée sur Homs.

La question de la Syrie sera au centre des discussions lors du sommet du G8, la semaine prochaine en Irlande du Nord, auquel participera le président russe Vladimir Poutine qui continue d'apporter un soutien sans faille à Assad.

Jean-Philippe Lefief et Pierre Sérisier pour le service français