BFMTV

Les travailleurs étrangers interdits au Soudan du Sud

Des salariés d'ONG pourraient être contraints de quitter le Soudan du Sud dans les semaines à venir (photo d'illustration).

Des salariés d'ONG pourraient être contraints de quitter le Soudan du Sud dans les semaines à venir (photo d'illustration). - Kim Clausen - AFP

Le ministre du Travail sud-soudanais a publié mardi une circulaire dans laquelle il somme toutes les entreprises du pays à remplacer les travailleurs étrangers par des Sud-soudanais d'ici un mois.

Les entreprises privées et ONG opérant au Soudan du Sud ont un mois pour cesser d'employer des étrangers. Le gouvernement sud-soudanais a sommé mardi toutes les entreprises opérant dans le pays de ne plus employer de travailleurs étrangers et de les remplacer par des citoyens sud-soudanais.

Dans une circulaire datée du 12 septembre, le ministre sud-soudanais du Travail, Ngor Kolong Ngor, "ordonne à toutes les ONG et compagnies privées" de "notifier à tous les étrangers travaillant pour elles, à tous les postes, de cesser de travailler sur le champ à partir du 15 octobre". "Ce préavis d'un mois commence le 15 septembre 2014 et prend fin le 15 octobre", poursuit la circulaire. "Ces postes doivent être pourvus par des citoyens sud-soudanais compétents".

Un pays au bord de la famine

Le Soudan du Sud, plus jeune nation du monde, a proclamé son indépendance le 9 juillet 2011, sur les décombres de décennies de guerre meurtrière et destructrices contre Khartoum. Il a replongé le 15 dernier dans un sanglant conflit opposant les troupes loyales au président Salva Kiir, à celles mutinées fidèles à son ancien vice-président Riek Machar, sur fond de rivalité entre les deux hommes à la tête du régime et de rancoeurs ethniques entre les deux principaux peuples du pays dont sont respectivement issus les deux hommes.

Les combats, accompagnés de massacres ethniques, ont fait des milliers voire des dizaines de milliers de morts et chassé plus d'1,8 million de Sud-Soudanais de chez eux. Le pays est menacé par la famine, selon l'ONU et les agences humanitaires, et une partie de la population dépend des ONG pour se nourrir. Il manque cruellement de main d'oeuvre qualifiée. Malgré d'importantes ressources pétrolières, l'économie du jeune pays, dépourvu d'industrie et véritables infrastructures, et qui peinait à décoller après l'indépendance, a été sévèrement affectée par le nouveau conflit.

A. Dt avec AFP