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Les Ecossais aux urnes pour un référendum historique

A gauche, le drapeau écossais. A droite, le drapeau du Royaume-Uni. Ce dernier va-t-il devoir changer à l'issue du référendum de jeudi?

A gauche, le drapeau écossais. A droite, le drapeau du Royaume-Uni. Ce dernier va-t-il devoir changer à l'issue du référendum de jeudi? - Carl Court - AFP

Les Ecossais se rendent aux urnes, ce jeudi, pour décider du sort de leur pays au sein du Royaume-Uni. Selon des sondages publiés mercredi, les camps du "oui" et du "non" à l'indépendance sont au coude-à-coude dans ce scrutin aux enjeux majeurs.

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Les yeux de l’Europe sont rivés sur l’Ecosse. Quelle qu'en soit l'issue, le référendum organisé en Ecosse est d'ores et déjà historique. Ce jeudi, plusieurs millions d'électeurs écossais sont appelés aux urnes pour se prononcer en faveur du "oui" ou du "non" à l'indépendance du pays, lié depuis 307 ans à l'Angleterre. Alors qu'un sondage publié le 7 septembre donnait pour la première fois la victoire au "oui", provoquant un véritable cataclysme au Royaume-Uni, dont l'intégrité est menacée par le résultat du scrutin, trois sondages publiés mercredi ont fait état d'une courte victoire du "non", tout en révélant que de nombreux électeurs restent indécis. Le résultat de la consultation reste donc totalement imprévisible.

Quatre millions d'Ecossais appelés à voter

Quelque quatre millions d'électeurs sont appelés à voter ce jeudi. Un chiffre qui ne prend pas en compte le million d'Ecossais de l'étranger, qui n'ont pas le droit de participer au scrutin. La règle stipule en effet que seuls les personnes résidant sur le territoire écossais peuvent prendre part au référendum. Particularité du scrutin: les jeunes pourront voter dès l'âge de 16 ans, ce qui représente 124.000 électeurs.

Un scrutin historique pour le Royaume-Uni

Face à la montée du "oui" et la menace qu'il représente pour le Royaume-Uni, les dirigeants des trois principaux partis politiques britanniques, le Premier ministre conservateur David Cameron, le leader du parti travailliste Ed Milliband et le vice-Premier ministre libéral-démocrate Nick Clegg, se sont engagés, mardi, à donner plus de pouvoir au parlement écossais en cas de victoire du non, preuve que, quel qu'en soit le résultat, le scrutin changera en profondeur la face du Royaume-Uni. Une victoire du "oui" se traduira par une indépendance pleine et entière, et celle du "non" par une autonomie accrue.

Plaidoyer de Cameron

Preuve de l'importance de cette consultation et des conséquences qu'elle pourrait avoir, le Premier ministre David Cameron s'est engagé jusqu'à la fin de la campagne pour défendre l'unité du Royaume-Uni. "S'il vous plaît restez", "Je vous en supplie, ne brisez pas cette famille", a-t-il demandé lundi soir, lors d'un ultime plaidoyer passionné dans le palais des congrès d'Aberdeen, dans le nord-est de l'Ecosse. Avant d'adresser une mise en garde au pays: "il n'y aura pas de retour en arrière" si les Ecossais votent pour l'indépendance, et il n'y aura plus ni monnaie commune, ni retraite commune, ni passeports communs.

La reine Elizabeth II, officiellement neutre dans le débat, s'est également inquiétée de l'issue du vote, et a appelé les Ecossais à "soigneusement réfléchir à l'avenir". 

Quelles peuvent être les conséquences du "oui"?

Si le camp du "oui" à l'indépendance venait à l'emporter jeudi soir, les conséquences sur l'Ecosse, et plus largement sur le Royaume-Uni et l'Union européenne, seraient très importantes. Outre des frontières redessinées, et une perte de 30% de son territoire pour le Royaume-Uni, l'indépendance de l'Ecosse provoquerait très certainement une crise politique interne, en Grande-Bretagne.

Une scission serait également fatale pour l'avenir de l'Ecosse au sein de l'Union européenne et pour le maintien du Royaume-Uni en première ligne sur la scène internationale. Enfin, les plus lourdes conséquences seraient très certainement économiques puisque en cas de séparation Ecosse-Angleterre, Londres se retrouverait privée d'une manne économique majeure: les réserves de pétrole situées en mer du Nord, dans les eaux territoriales écossaises.

Enfin, la question de l'abandon de la livre sterling serait également posée. Les indépendantistes, par la voix du Premier ministre écossais Alex Salmond, ont promis de conserver cette monnaie en cas de victoire et de mettre en place une union monétaire entre Edimbourg et Londres. Mais les partisans du "non" doutent qu'un tel scénario puisse être mis en place.

Adrienne Sigel, avec AFP