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Législatives en Israël: Netanyahu revendique sa "plus grande victoire"

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Malgré son inculpation pour corruption, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se dirige mardi vers une victoire convaincante aux élections législatives.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a revendiqué mardi "la plus grande victoire de sa vie", à des élections législatives qui le placent en position de force pour former le prochain gouvernement et affronter la justice qui l'accuse de corruption.

"Il s'agit de la plus importante victoire de ma vie", a réagi Benjamin Netanyahu, dirigeant qui détient la plus grande longévité à la tête du gouvernement dans l'histoire d'Israël, avec 14 ans au pouvoir. C'est aussi le premier dirigeant qui affrontera la justice durant son mandat, dès le 17 mars prochain à Jérusalem. "Bibi" est mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance.

"C'est une victoire... contre toute attente", et aux dépens de ceux qui avaient prédit "la fin de l'ère Netanyahu", a-t-il ajouté à l'issu de ce scrutin. 

Plus de 29% des voix

Il s'agit des troisièmes élections en moins d'un an en Israël après deux scrutins, en avril et septembre, qui n'avaient pas réussi à le départager de son rival Benny Gantz.

Avec 90% des votes dépouillés mardi dans la matinée par la commission électorale, le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu obtient 29,3% des voix, contre 26,3% pour la formation centriste "Bleu-Blanc" de son principal rival Benny Gantz. Dans le système israélien, ce score se traduit par environ 36 sièges pour le Likoud, contre 32 pour les troupes de l'ancien général Benny Gantz.

Avec ses alliés de la droite radicale et des partis juifs ultra-orthodoxes, le Likoud pourrait compter, à l'issue de ces troisièmes législatives en moins d'un an, sur un total de 59 sièges, à deux députés de la majorité parlementaire, selon ces pronostics.

Une campagne sur le projet Trump

Benjamin Netanyahu a mené sa campagne sur le socle du projet Trump, en promettant l'annexion rapide de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël, comme prévu par le "deal du siècle" du Président américain.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, a déploré une victoire des partisans de "l'annexion" et de la "colonisation" qui contribuera "au maintien de la violence, de l'extrémisme et du chaos". Les partis arabes israéliens espéraient barrer la route à Benjamin Netanyahu pour son soutien notamment du plan de Donald Trump pour un règlement du conflit israélo-palestinien.

"Déception et douleur" pour Benny Gantz

Bleu-Blanc misait de son côté sur le soutien des partis de gauche, qui s'étaient d'ailleurs unis pour ce scrutin, mais dont les premiers résultats sont décevants (6 ou 7 sièges au total). Le chef de la gauche, Amir Peretz, a accusé l'ancien général de l'armée d'avoir mené "une campagne irresponsable" qui a "miné" l'ensemble de leur bloc. Benny Gantz avait notamment durci le ton dans cette campagne à l'égard de la "Liste unie" des partis arabes israéliens, des alliés potentiels, qui avaient provoqué la surprise en septembre en gravissant la troisième marche du podium.

"Je partage votre sentiment de déception et de douleur. Nous nous attendions à un autre résultat", a déclaré l'ex-général Benny Gantz à ses partisans qui espéraient voir les résultats officiels resserrer l'écart entre les deux camps.

Pour lui, ces projections ont un goût amer, d'autant qu'il faisait face à un candidat inculpé par la justice pour corruption, abus de confiance et malversation, une première dans l'histoire israélienne pour un chef de gouvernement en fonction.

L.A. avec AFP