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La police disperse la foule autour de la Casbah de Tunis

La police a dispersé vendredi la foule de protestataires qui assiégeaient depuis cinq jours la Casbah de Tunis, siège du gouvernement transitoire, au lendemain de l'éviction des derniers ministres "bénalistes", une des revendications principales des manif

La police a dispersé vendredi la foule de protestataires qui assiégeaient depuis cinq jours la Casbah de Tunis, siège du gouvernement transitoire, au lendemain de l'éviction des derniers ministres "bénalistes", une des revendications principales des manif - -

par Line Nouïhed TUNIS, 28 janvier (Reuter) - La police a dispersé vendredi la foule de protestataires qui assiégeaient depuis cinq jours la Casbah...

par Line Nouïhed

TUNIS, 28 janvier (Reuter) - La police a dispersé vendredi la foule de protestataires qui assiégeaient depuis cinq jours la Casbah de Tunis, siège du gouvernement transitoire, au lendemain de l'éviction des derniers ministres "bénalistes", une des revendications principales des manifestants.

Ceux-ci ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, rapportent des témoins. En début de soirée, les forces de sécurité tunisiennes pourchassaient différents groupes de protestataires dans le centre de la capitale.

Un peu plus tôt, quelque 200 islamistes y avaient défilé, pour la première fois depuis l'arrivée au pouvoir du président Zine ben Ali, en novembre 1987, et de la chute de son régime, il y a deux semaines. Ils exigeaient l'abrogation de la législation antiterroriste qui vise principalement leur courant.

Certains manifestants brandissaient des pancartes réclamant la liberté de porter le hidjab (foulard islamique), le niqab (voile intégral) et la barbe (signe distinctif religieux des hommes). Ben Ali avait interdit l'accès à l'éducation et au travail des femmes portant le hidjab, tandis que les "barbus" étaient harcelés par la police.

Contraint à fuir en Arabie saoudite par une "révolution du jasmin" dépourvue de connotation religieuse, Ben Ali avait soit emprisonné soit contraint à l'exil les islamistes. Exilé à Londres depuis 20 ans, leur leader, Rachid Ghannouchi, a annoncé son retour imminent en Tunisie.

VERS LES PREMIÈRES ÉLECTIONS LIBRES

Le principal parti islamiste tunisien, Ennahda (La renaissance) était arrivé en deuxième position lors des dernières élections législatives auxquelles il avait été autorisé à participer, en 1989.

Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, auquel Ben Ali avait confié le pouvoir lors de sa fuite, a libéré les prisonniers politiques, invité les exilés à revenir au pays et promis des élections présidentielle et législatives démocratiques.

Mais, tout en ouvrant son équipe à des opposants, il avait conservé les titulaires bénalistes des ministères régaliens de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères.

Sous la pression de la foule massée autour de la Casbah il s'en est finalement séparé jeudi soir. Mais "la rue" n'était vendredi qu'a moitié satisfaite, à en croire les réactions partagées des manifestants.

Les plus raisonnables estimaient qu'il fallait désormais mettre fin à la paralysie du pays et laisser le gouvernement de Ghannouchi tenir ses promesses, mais les jusqu'au-boutistes, craignant que la révolution ne leur soit volée, juraient de tenir la rue jusqu'au départ du Premier ministre de Ben Ali.

Mohamed Ghannouchi a désigné aux portefeuilles occupés par douze caciques de l'ancien régime des ministres technocrates "choisis pour leurs compétences", qui, avec les opposants déjà nommés, confèrent une plus grande légitimité à son gouvernement de transition.

Il a promis que sa nouvelle équipe, composée en concertation avec tous les partis politiques et groupes de la société civile, dont la puissante centrale syndicale UGTT, conduirait le pays à ses premières élections libres sous l'égide d'un "conseil des sages" et en présence d'observateurs internationaux.

Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser