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La police allemande ouvre une enquête après la commercialisation d'une marque de bière néonazie

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Vendredi, un élu allemand s'est ému d'avoir vu des bouteilles de bière arborant une imagerie nazie garnir le rayon d'un commerce de Bad Bibra, dans le centre du pays. La police a ouvert une enquête.

Une étiquette brune exhibant un aigle germanique, les serres plantées dans un cercle où plastronne une croix de fer, le tout surmonté de lettres gothiques proclamant: Deutsches Reichsbrau (ou en français "Bière du Reich allemand"). Voilà l'habillage que les clients ont pu découvrir sur des bières disposées sur les étals d'un commerce de Bad Bibra, petite commune du land de Saxe-Anhalt, dans le centre de l'Allemagne, vendredi.

Un élu local, Götz Ulrich, a aussitôt dénoncé cette vente indécente dans une publication Facebook, repérée notamment par le site de la BBC, dans laquelle il lâche: "J'ai tellement honte". "Le pire c'est que des gens se l'arrachaient et que tout s'est vendu", écrit-il encore. La police allemande a ouvert une enquête. 

Cet événement intervient alors que la communauté internationale commémore les 75 ans de la libération du camp d'Auschwitz par les troupes soviétiques et plus largement le souvenir des camps d'extermination nazis. 

Une commercialisation sur Internet au début du mois 

La chaîne de magasins Getränke-Quelle, qui possède l'enseigne où cet article a été présenté, a vite voulu prendre ses distances devant cette commercialisation, assurant qu'il s'agissait de l'initiative d'un de ses franchisés et qu'elle avait ordonné au manager des lieux de retirer les bouteilles de ses rayons. Les responsables de cette vente ont poussé l'obscénité jusqu'à fixer le prix d'une caisse de ces bières à 18,88 euros. Une symbolique évidente pour les néonazis, qui emploient souvent "88" comme un diminutif chiffré de "Heil Hitler" (H étant la huitième lettre de l'alphabet) et "18" pour "Adolf Hitler". 

Ces canettes avaient déjà connu une première marchandisation au début du mois de janvier lorsque Tommy Frenck, militant néonazi de l'est allemand, les avait promues sur Internet. 

Robin Verner