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La France condamne "fermement" l'attaque de l'ambassade américaine à Bagdad

Florence Parly, Ministre des Armées, quitte l'Elysée le 30 octobre 2019

Florence Parly, Ministre des Armées, quitte l'Elysée le 30 octobre 2019 - Ludovic Marin / AFP

La ministre des Armées Florence Parly a exprimé sa solidarité avec Washington, dont l'ambassade dans la capitale irakienne a été attaquée par des milliers de manifestants pro-Iran.

La France condamne "fermement" l'attaque de l'ambassade américaine mardi à Bagdad par des milliers de manifestants pro-Iran et exprime "toute sa solidarité" avec les États-Unis, a déclaré la ministre française des Armées Florence Parly.

"La France condamne fermement les attaques perpétrées contre les emprises de la Coalition internationale en Irak et les tentatives d'intrusion dans l'enceinte de l'ambassade américaine à Bagdad", a dit la ministre depuis le Golfe d'Ormuz, où elle réveillonnait mardi soir avec l'équipage de la frégate Courbet, selon le texte de son intervention rendu public ce mercredi.

Les États-Unis accusent les Brigades du Hezbollah

La France est l'un des principaux partenaires des États-Unis au sein de la coalition internationale anti-jihadiste dans la région. Elle est aussi présente militairement en Irak pour la formation notamment de soldats irakiens.

Vendredi soir, un sous-traitant américain a été tué par des tirs de roquettes en Irak. Les États-Unis ont répliqué dimanche en bombardant les bases des Brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran en Irak qu'ils accusent d'être derrière ces tirs de roquettes, tuant 25 combattants et laissant craindre une nouvelle escalade des tensions dans la région.

Mardi, le cortège funéraire des 25 morts a convergé vers l'ambassade américaine à Bagdad, avant que des milliers de ses participants ne s'en prennent au bâtiment avec des béliers de fortune, des barres de fer et des cocktails Molotov.

"La situation est volatile dans la région"

Depuis l'intérieur de l'ambassade, les forces américaines ont brièvement tiré en l'air à balles réelles avant d'utiliser des grenades lacrymogènes et assourdissantes pour disperser les manifestants.

Dans cette région, "une étincelle peut provoquer un brasier, comme nous l'avons craint à la suite des attaques d'Abqaik et de Khurais", deux installations pétrolières saoudiennes, a rappelé la ministre française des Armées. L'Iran est accusé d'avoir perpétré ces attaques, ce qu'il dément.

"Une étincelle, un faux pas ou une erreur d'interprétation, vous savez comme moi à quel point la situation est volatile dans la région", a-t-elle dit aux 180 marins du "Courbet".

Le détroit d'Ormuz, carrefour stratégique

"La situation risque une nouvelle fois de se tendre" avec les prochaines annonces de désengagement de l'Iran de l'accord encadrant son programme nucléaire, a souligné Florence Parly.

La frégate Courbet participera à la mission européenne de surveillance maritime qui sera lancée prochainement dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole destiné à l'Europe.

Cette mission, qui rassemblera plus de 400 marins, devrait être pleinement opérationnelle fin février, avec la participation des Pays-Bas et du Danemark. Les États-Unis ont lancé en novembre leur propre opération ("Sentinel") pour protéger le transport maritime dans les eaux du Golfe.

Jules Pecnard avec AFP