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La France appelle ses ressortissants à quitter l'Éthiopie "sans délai"

Des soldats éthiopiens en service à la frontière érythréenne dans la ville septentrionale de Zala Anbessa, dans la région du Tigré en Éthiopie, le 19 novembre 2005. (Photo d'illustration)

Des soldats éthiopiens en service à la frontière érythréenne dans la ville septentrionale de Zala Anbessa, dans la région du Tigré en Éthiopie, le 19 novembre 2005. (Photo d'illustration) - Marco Longari - AFP

Alors que des combats se rapprochent de la capitale Addis Abeba, après plus d'un an de guerre entre forces gouvernementales et rebelles dans le nord du pays, la France va faciliter le départ de ressortissants.

La France a appelé ce mardi ses ressortissants à quitter "sans délai" l'Éthiopie, où des combats se rapprochent de la capitale après plus d'une année de guerre entre forces gouvernementales et rebelles dans le nord du pays.

"Tous les ressortissants français sont formellement appelés à quitter le pays sans délai", affirme l'ambassade de France à Addis Abeba dans un courriel envoyé aux membres de la communauté française.

Faciliter le départ des ressortissants français

L'ambassade, qui dit prendre cette décision au vu de "l'évolution de la situation militaire", ajoute prévoir de faciliter le départ des ressortissants sur des vols commerciaux en réservant des sièges et "si nécessaire" d'affréter un vol charter. Un responsable de l'ambassade a déclaré à l'AFP que des départs "volontaires" du personnel pourraient avoir lieu, notamment parmi les familles.

Avant la France, plusieurs pays dont le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont exhorté leurs citoyens à quitter le pays. Ces derniers ont également évacué leur personnel non essentiel.

Quelques jours avant cette annonce de l'ambassade, le ministère précisait qu'"il convient d'éviter les déplacements en dehors de la capitale ou de sa ville de résidence". "A Addis Abeba, les déplacements du quotidien restent possibles. La plus grande prudence reste de mise vis-à-vis de certaines informations qui circulent sur les réseaux sociaux", mettait en garde le ministère sur son site.

Un conflit armé dans le Tigré depuis novembre 2020

Le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé début novembre 2020 l'armée fédérale au Tigré afin de destituer les autorités de cette région, issues du Front de libération du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Prix Nobel de la paix 2019, Abiy Ahmed avait proclamé la victoire trois semaines plus tard, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin, les combattants pro-TPLF ont repris l'essentiel de la région et ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar.

Fin octobre, le TPLF a revendiqué la prise de deux villes-clés en Amhara, se rapprochant ainsi de la capitale - ce qu'avait démenti le gouvernement éthiopien.

Le TPLF, qui s'est allié avec un groupe rebelle oromo actif dans la région qui entoure la capitale, a affirmé cette semaine se trouver à Shewa Robit, à 220 km au nord-est d'Addis Abeba. Le gouvernement n'a pas commenté cette information. Selon des diplomates au fait de la situation sécuritaire, certains combattants rebelles auraient atteint la localité de Debre Sina, plus proche d'environ 30 km de la capitale.

Alertes de la communauté internationale

Ces dernières semaines, les efforts diplomatiques de la communauté internationale se sont intensifiés afin de tenter d'obtenir un accord de cessez-le-feu.

L'émissaire de l'UA pour la Corne de l'Afrique, l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, et son homologue américain Jeffrey Feltman se sont rendus une nouvelle fois en Ethiopie jeudi.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a récemment averti des risques "d'implosion" de l'Ethiopie si aucune solution politique au conflit n'est trouvée.

F.R. avec AFP