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L'Etat islamique décapite des soldats libanais

Le 6 août, des soldats libanais de la garnison d’Arsal, au nord du pays, en manœuvre près de la frontière syrienne.

Le 6 août, des soldats libanais de la garnison d’Arsal, au nord du pays, en manœuvre près de la frontière syrienne. - AFP

L'Etat islamique s'en est pris à des militaires libanais. Le groupe jihadiste entend semer la terreur au Liban pour contrer le Hezbollah.

L'État islamique coupe des têtes au Liban aussi. Le pays entier est en émoi, car une section de jihadistes, de l'État islamique et même d'al-Nosra, détient une quinzaine de soldats libanais, en a décapité deux, et menace de continuer. Leur but est d'entraîner le pays dans une guerre civile, et se battre contre le Hezbollah, milice libanaise chiite qui a sauvé au moins une fois le régime de Bachar al-Assad de la déroute dans la ville frontalière de Koussaïr il y a un an.

Que s'est-il passé?

Comment des militaires libanais ont-ils pu être capturés dans leur propre pays? Les gens de l'État islamique ont profité d'un certain laxisme de la garnison libanaise à la frontière, dans la région d'Arsal. En fait, cette armée est politiquement dirigée par un gouvernement qui partagé entre pro-Hezbollah et anti-Hezbollah. Ces derniers sont plus ou moins dépendants des directives et surtout des finances venues de l'Arabie Saoudite. Donc l'armée libanaise tolère les jihadistes, qui se glissent parmi les réfugiés syriens, qui euc dépassent le million dans un pays de 4 millions! Difficile à comprendre qu'en Europe la classe politique soit en émoi pour 2000 migrants dans tel ou tel endroit...

L'armée libanaise est mal équipée, l'État islamique et al-Nosra en sont presque à égalité avec elle, mais cette armée se bat à l'occasion, pour le drapeau national en quelque sorte. À Arsal, un officier a tout simplement décidé d'arrêter le chef local de l'État islamique, qui se faisait appeler l'émir d'Arsal et figurait sur la liste internationale du terrorisme! L'émir fut transféré à Beyrouth, à la disposition de la justice. Pendant ce temps, à Arsal, les jihadistes ont fondu sur les soldats, et ils ont surtout fait prisonniers des gendarmes et autres militaires aux points de contrôle, et non pas ceux dans la caserne principale qui ont su repousser tous les assauts.

Les armes françaises se font attendre

Depuis une dizaine de jours, les jihadistes exigent le retrait total des militaires libanais de la zone. Devant le refus gouvernemental, ils ont décapité un soldat, puis un deuxième. Le supplice menace pour un troisième. Certaines bandes libanaises ont commencé à attaquer des réfugiés syriens, censés eux être des auxiliaires des jihadistes! Les guerres civiles commencent comme cela.

En attendant, les armes françaises, promises par le gouvernement français, et censées être payées par l'Arabie Saoudite -- encore elle -- se font attendre... plus pour très longtemps, m'assure le Quai d'Orsay. 

Harold Hyman