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Justin Trudeau en visite à Paris: commerce et climat au coeur des discussions

Emmanuel Macron et Justin Trudeau à Taormina en Italie, le 26 mai 2017

Emmanuel Macron et Justin Trudeau à Taormina en Italie, le 26 mai 2017 - STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

Le Premier ministre canadien arrive ce lundi en France pour une visite officielle de deux jours, qui s'inscrit dans le cadre de la préparation du G7. Il rencontrera Emmanuel Macron en début d'après-midi, avant de prononcer un discours devant l'Assemblée nationale mardi.

Justin Trudeau poursuit sa tournée internationale, et pose ce lundi ses bagages à Paris. Le Premier ministre canadien, en visite officielle de deux jours dans la capitale, doit rencontrer Emmanuel Macron à partir de 13 heures au Palais de l'Elysée, puis s'exprimer devant l'Assemblée nationale mardi, une première pour un chef de gouvernement canadien.

Le CETA, enjeu majeur pour Trudeau et Macron

Et Justin Trudeau a déjà annoncé ses ambitions quant à cette première visite officielle dans l'hexagone depuis sa prise de fonction en 2015. Dans une interview publiée par Les Echos dimanche, le Premier ministre canadien a déclaré qu'il souhaitait défendre en France "l'idée du 'commerce progressiste' pour que le libre-échange et la croissance économique profitent à tous". 

Le ton est donc donné: au Palais de l'Elysée, on parlera avant tout commerce, et plus particulièrement CETA (traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada), un enjeu majeur aussi bien pour Trudeau que pour Macron. Les deux hommes, qui ont "tellement d'atomes crochus" selon les mots du Premier ministre canadien, défendent bec et ongles cet accord de libre-échange depuis plusieurs mois, malgré des réticences de toutes parts, et notamment en France.

Signé à Bruxelles en octobre 2016, puis entré en vigueur en septembre dernier, cet accord, qui doit favoriser les échanges commerciaux entre les deux pays et faciliter la circulation des biens et des personnes, attend toujours d'être ratifié par les 27, dit autrement, par les parlements nationaux. Si le Canada a tout à gagner à développer ses relations commerciales avec des pays européens, puisque ses échanges avec son principal partenaire américain sont ébranlés depuis l'élection de Donald Trump et l'instauration de sa politique protectionniste, ce traité est bien plus controversé du côté de l'hexagone.

Déjà lors de la course à la présidentielle, Emmanuel Macron était le seul candidat à défendre ce projet. Aujourd'hui encore, il se heurte à la réticence de nombreux Français, notamment des agriculteurs, qui redoutent l'apparition d'une nouvelle concurrence. Et le monde agricole n'est pas le seul à s'inquiéter de la possible ratification de cet accord... Le président français se trouve également confronté à l'opposition de certains membres de son propre parti. Parmi les principales inquiétudes évoquées par les réfractaires, les potentielles conséquences néfastes induites par ce traité sur l'environnement et le réchauffement climatique. 

Polémique environnementale au Canada

Et c'est justement ce deuxième dossier qui sera abordé par Macron et Trudeau ce lundi. L'environnement s'annonce déjà comme étant un sujet un peu plus épineux, après les dernières décisions prises en la matière par le Premier ministre canadien ces derniers jours. Si les deux hommes ont à de nombreuses reprises martelé leur volonté de s'engager dans les causes environnementales, notamment depuis la signature de l'accord de Paris, Justin Trudeau est désormais au coeur d'une tourmente outre Atlantique.

En cause, l'obstination du Premier ministre canadien sur le projet d'extension de l'oléoduc Trans Mountain. Approuvé par le gouvernement canadien fin 2016, ce projet vise à tripler la capacité de cet oléoduc, qui relie déjà depuis 1953 les puits de pétrole de sable bitumineux de l'Alberta à la Colombie britannique, pour le prolonger jusqu'au port de Vancouver pour faciliter les exportations. Un projet qui fait bondir les écologistes en raison des risques environnementaux qu'il implique, le pétrole de sable bitumineux étant le plus polluant au monde.

Malgré la forte opposition des communautés autochtones, du gouvernement provincial de la Colombie-Britannique et des groupes écologistes, Justin Trudeau a réaffirmé ces derniers jours son engagement envers le projet, qui représenterait selon lui un "intérêt stratégique vital". Mais qui rendrait bien difficile pour le Canada d'atteindre l'objectif de réduction de 17% de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, fixé lors de l'accord de Paris sur le climat. Un faux pas environnemental qui risque de ne pas plaire à Emmanuel Macron.

Céline Penicaud