BFMTV

"Je n'aurais pas dû être là": le Chef d'Etat-Major des armées regrette de s'être montré avec Trump lors de la photo controversée devant l'église

Le général Mark Milley en compagnie de Donald Trump

Le général Mark Milley en compagnie de Donald Trump - Brendan Smialowski / AFP

"Ma présence à ce moment-là et dans ces circonstances-là a donné l'impression que les militaires intervenaient dans la politique intérieure", a-t-il souligné.

La scène avait scandalisé l'opinion publique. Le 1er juin dernier, une manifestation pacifique qui se tenait devant la Maison-Blanche avait été dispersée de manière brutale afin que Donald Trump puisse se rendre à pied jusqu'à l'église Saint John, voisine de la résidence présidentielle et surnommée "l'église des présidents."

Ce jour-là, il était accompagné du chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

"Je n'aurais pas dû être là"

Moins de deux semaines plus tard, ce dernier a publiquement regretté s'être montré aux côtés du président américain, qui en avait profité pour se faire photographier, bible en main, entouré de plusieurs responsables.

"Beaucoup d'entre vous ont vu les résultats de cette photo de moi sur Lafayette Square la semaine dernière, qui a provoqué un débat sur le rôle des militaires dans la société", a déclaré le général Milley dans un discours enregistré pour la remise des diplômes d'une faculté militaire de Notre Dame University.

"Je n'aurais pas dû être là", a ajouté le plus haut gradé de l'armée américaine. "Ma présence à ce moment-là et dans ces circonstances-là a donné l'impression que les militaires intervenaient dans la politique intérieure."

"C'était une erreur dont j'ai tiré les leçons et j'espère sincèrement que nous pouvons tous en tirer des leçons", a-t-il ajouté, l'air grave.

Vives critiques 

Les images du général Milley, marchant en tenue de camouflage derrière Donald Trump, avaient suscité de vives critiques d'anciens responsables militaires, notamment l'ex-ministre de la Défense Jim Mattis.

Les ministres américains de la Justice et de la Défense, ainsi que d'autres hauts responsables étaient également présents. 

La Maison Blanche a vivement défendu la décision et sortie de Donald Trump, évoquant sa volonté de "faire passer un message fort" et le comparant même au Premier ministre britannique Winston Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale. 

H.S. avec AFP