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Italie: après le séisme, les autorités craignent les pillages

Un homme parmi les décombres à Amatrice, une ville très durement touchée par le séisme qui a frappé le centre de l'Italie dans la nuit du 23 au 24 août.

Un homme parmi les décombres à Amatrice, une ville très durement touchée par le séisme qui a frappé le centre de l'Italie dans la nuit du 23 au 24 août. - FILIPPO MONTEFORTE - AFP

Si le séisme qui a remué la péninsule italienne la semaine dernière est avant tout une tragédie humaine, le pays s'inquiète aussi de la présence éventuelle de pillards dans les régions touchées.

Le bilan du séisme qui a frappé le centre de l’Italie la semaine dernière donne à présent 291 morts et 400 blessés. Mais au-delà même des pertes humaines, les autorités s’inquiètent aussi pour les biens matériels. Pour lutter contre ceux qu’elles appellent "les chacals", les pillards, elles ont décidé de mettre en place une vigie de grande ampleur.

Très vite après la survenue du drame, la direction provinciale de la police d’Ascoli a ainsi envoyé patrouiller une centaine de ses hommes dans les villes particulièrement sinistrées comme Arquata et Pescara del Tronto, mais aussi dans les villages isolés.

Ils dorment dans leur voiture pour garder un oeil sur leur maison

Il faut dire que des présences suspectes avaient été signalées à proximité des maisons endommagées et abandonnées… au point que certains de leurs propriétaires ou locataires avaient tenu à passer les premières nuits à dormir dans leur voiture près de leur ancien logis. Le site catholique suisse Cath évoquait il y a quelques jours l’arrestation d’un cambrioleur présumé, originaire de Naples, alors qu’il essayait de s’introduire dans une maison.

Mais dans le Latium et les Marches, provinces touchées par le séisme, le risque de pillage s’étend à d’autres édifices que le logement des particuliers. Le quotidien La Croix est ainsi allé s’enquérir de la situation auprès d’Alessandro Viscogliosi, professeur d’histoire de l’architecture.

3.500 objets précieux à Amatrice

Celui-ci pointe l’attraction que les riches monuments historiques et religieux de ces régions peuvent exercer sur les voleurs: "La région touchée par le séisme compte 80 villages dont les petites églises sont très vulnérables. Après un séisme, les voleurs affluent comme des mouches. Or ces églises possèdent souvent des chefs-d’œuvre, des fresques, des retables, des sculptures qui risquent d’être laissés à l’abandon, lorsque la plupart des habitants seront absents du fait de l’hiver…". L’enseignant rappelle également que dans la seule ville d’Amatrice, frappée de plein fouet, on compte "près de 3.500 objets précieux".

R.V