BFMTV

Iran: Trump peut-il partir en guerre contre l'avis du Congrès?

Donald Trump

Donald Trump - SAUL LOEB / AFP

Le président américain a assuré qu'il n'aurait pas besoin du Congrès pour lancer une frappe "disproportionnée" contre l'Iran.

Après avoir été vivement critiqué par ses opposants pour ne pas les avoir informés avant la frappe qui a tué le général Qassem Soleimani, Donald Trump a assuré avoir agi tout à fait légalement. 

Interrogé sur la possibilité que l'administration Trump demande l'autorisation du Congrès avant toute nouvelle opération militaire, Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, a de son côté répondu: "Nous avons tous les pouvoirs nécessaires pour faire ce que nous avons fait à ce jour. Nous continuerons à agir dans le respect de la loi et de la Constitution".

Le dernier mot au président

Dans un tweet dimanche, le président américain a en effet affirmé ne pas être dans l'obligation d'attendre l'aval du Congrès américain s'il décidait de frapper l'Iran, en pleine escalade de tensions avec Téhéran. Deux élues démocrates de la Chambre ont alors annoncé qu'elles allaient présenter une résolution censée l'empêcher de déclarer unilatéralement une guerre contre l'Iran.

Seulement dans les faits, "le dernier mot revient toujours au président", qui est le chef des forces armées, en vertu de l’article 2 de la Constitution des Etats-Unis", expliquait déjà en juin à BFMTV.com Corentin Sellin, spécialiste de la politique américaine. "Ce plein pouvoir est d’ailleurs largement critiqué, particulièrement sur la question du nucléaire", développait-il encore.

Par ailleurs, avant de prendre une telle décision, le président américain ne réfléchit pas seul:

"Le conseil de sécurité nationale composé d’experts régionaux et thématiques, le chef du renseignement, le chef de l’Etat-major, le commandant de la zone géographique concernée, le vice-président, le secrétaire d’Etat et des membres du Pentagone se réunissent pour fournir toutes les hypothèses au président des Etats-Unis, explique encore Corentin Sellin, ils lui présentent toutes les stratégies qui peuvent être envisagées puis, fort de ces éclairages, le chef d’Etat décide seul".
Manon Fossat avec Ambre Lepoivre