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Irak: Macron veut "éviter une nouvelle escalade dangereuse" et appelle à la "retenue"

Emmanuel Macron à Abidjan, le 20 décembre 2019.

Emmanuel Macron à Abidjan, le 20 décembre 2019. - LUDOVIC MARIN / AFP

Le président français a "rappelé l'attachement de la France à la souveraineté et à la sécurité de l'Irak et à la stabilité de la région".

Emmanuel Macron va rester en "contact étroit" avec le président russe Vladimir Poutine sur la situation en Irak, pour "éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions et appeler toutes les parties à la retenue", a annoncé vendredi l'Elysée.

Lors d'un entretien avec son homologue russe vendredi matin, le président français a "rappelé l'attachement de la France à la souveraineté et à la sécurité de l'Irak et à la stabilité de la région". Il a appelé l'Iran à "revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s'abstenir de toute provocation", ajoute la présidence dans un communiqué.

"La France appelle chacun à la retenue"

De son côté, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a souligné, dans un communiqué, "la préoccupation de la France à l’égard de la montée des tensions ces derniers mois au Moyen-Orient, qui ont connu une brutale escalade en Irak au cours des dernières semaines".

La France et l’ensemble de ses partenaires doivent "consacrer tous les efforts à éviter désormais une aggravation supplémentaire des tensions et de faciliter la désescalade pour préserver la stabilité de l’Irak et de la région dans son ensemble", a-t-il ajouté.

"Dans le contexte actuel, la France appelle chacun à la retenue et l’Iran à éviter toute mesure susceptible d’aggraver l’instabilité régionale, ou de conduire à une grave crise de prolifération nucléaire. Les parties à l’accord de Vienne doivent en particulier rester étroitement coordonnées pour appeler l’Iran à revenir rapidement au plein respect de ses obligations nucléaires et à s’abstenir de toute nouvelle action contraire", a poursuivi le ministre, indiquant avoir eu au téléphone son homologue américain Mike Pompeo.

Une frappe ordonnée par Donald Trump

Plus tôt dans la journée, l'Iran et leurs alliés ont promis de venger l'assassinat d'un puissant général iranien, Qassem Soleimani, tué ce vendredi dans une attaque de drone des Etats-Unis à Bagdad, une escalade qui fait craindre un conflit ouvert entre les deux pays ennemis.

L'Irak a dit redouter "une guerre dévastatrice" sur son sol après le raid inédit qui a tué l'homme-clé de l'influence iranienne au Moyen-Orient et son premier lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, ces paramilitaires irakiens majoritairement pro-iraniens.

La frappe, qui a suscité des réactions inquiètes dans le monde, a été ordonnée par le président Donald Trump après une attaque mardi du Hachd al-Chaabi contre l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

Inquiétudes internationales

La communauté internationale a exprimé sa vive inquiétude. Le raid américain va "accroître les tensions", a jugé Moscou. Pékin et Londres ont appelé à la "désescalade". Israël a évoqué le "droit" de Washington de "se défendre".

En renversant en 2003 le régime de Saddam Hussein, les Etats-Unis avaient pris la haute main en Irak. Mais le système qu'ils ont mis en place est désormais noyauté par Téhéran et des mouvements pro-Iran.

Si le Hachd a combattu à partir de 2014 aux côtés des troupes irakiennes et de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington, certaines de ses factions sont désormais considérées par les Américains comme une importante menace.

C.Bo. avec AFP