BFMTV

Irak: 3 Français et 1 Irakien, membres de l'ONG SOS Chrétiens d'Orient, portés disparus depuis lundi

Un soldat irakien devant l'ambassade américaine à Bagdad le 2 janvier dernier (Photo d'illustration).

Un soldat irakien devant l'ambassade américaine à Bagdad le 2 janvier dernier (Photo d'illustration). - AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Quatre membres de SOS Chrétiens d’Orient, trois Français et un Irakien, qui se trouvaient à Bagdad n'ont pas donné signe de vie depuis lundi.

Trois humanitaires français de l’ONG SOS Chrétiens d’Orient et un collaborateur irakien ont disparu lundi à Bagdad, a-t-on appris auprès de l'association humanitaire.

Aucune demande de rançon

Les quatre hommes ont "disparu aux alentours de l'ambassade de France", a déclaré à Paris Benjamin Blanchard, le directeur général de l'ONG, qui vient en aide aux chrétiens orientaux. "Aucune demande de rançon" n'a été faite, a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse.

"Ils ont une parfaite connaissance des crise. Ce sont des salariés expérimentés qui travaillent depuis des années avec nous"", a-t-il ajouté. 

Les autorités ont été "prévenues mercredi", selon le responsable, qui n'a pas communiqué les identités des quatre hommes. 

"Ils ont disparu à Bagdad en centre ville dans les environs de l'ambassade de France. Ils devaient effectuer des travaux administratifs à Bagdad. Ils étaient là pour renouveler leur visa et enregistrer l'association auprès des autorités irakiennes, a poursuivi le directeur. Ils avaient quitté en voiture leur hôtel qui "fait partie des établissements qui, régulièrement, reçoit du personnel international", selon lui.

L'existence d'un "plan de sûreté"

Ils devaient également "faire un suivi des opérations de l'association, dont l'ouverture de notre nouvelle école à Bagdad". L'organisation avait agi "en parfaite coordination avec les autorités consulaires pour l'organisation de cette mission", a assuré le directeur, ajoutant que les quatre hommes, "en bonne santé", ont "une parfaite connaissance des zones de crise".

"Les autorités françaises et irakiennes se coordonnent aujourd'hui pour enquêter et retrouver leurs traces", a-t-il dit, précisant être "en contact étroit" avec les familles.

L'ONG a indiqué qu'en 2015, elle avait mis en place un "plan de sûreté" audité par des experts. "Les procédures sont mises à jour et auditées trois fois par an" et "les personnels suivent une formation obligatoire", selon le directeur.

Des manifestations depuis plusieurs mois

L'ONG se présente comme une association humanitaire aidant "les chrétiens orientaux à demeurer chez eux". Elle a effectué sa première mission en Syrie en 2013, puis en Irak en avril 2014, avant d'ouvrir la même année à Bagdad une mission permanente. Ses responsables, ancrés très à droite, ont parfois été jugés complaisants envers le régime de Bachar al-Assad.

Sollicité par l'AFP, le ministère français des Affaires étrangères n'a fait aucun commentaire, pas plus que l'ambassade de France à Bagdad.

Bagdad est en proie à des manifestations depuis plusieurs mois, certaines contre le gouvernement et l'influence de l'Iran, et d'autres, plus récentes, contre la présence de troupes américaines en Irak après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué à Badgad début janvier dans une attaque de drone.

S. M. avec AFP