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Immigration: 5 millions de clandestins régularisés par Obama

Le président américain Barack Obama, lors de son allocution solennelle depuis la Maison Blanche sur son plan sur l'immigration clandestine, ce jeudi.

Le président américain Barack Obama, lors de son allocution solennelle depuis la Maison Blanche sur son plan sur l'immigration clandestine, ce jeudi. - Jim Bourg - AFP

Barack Obama, le président américain, a annoncé jeudi soir avoir offert une régularisation provisoire à cinq millions de clandestins. Mais la tâche ne va pas être simple pour le président américain: les républicains ont promis de combattre cette décision, au Congrès ou en justice.

Un système "plus juste et plus équitable", c'est que souhaite Obama pour les clandestins. Il avait promis de prendre l'initiative face à l'inaction du Congrès: Barack Obama a offert jeudi soir une régularisation provisoire à quelque cinq millions de clandestins, sur un total de 11 millions vivant aux Etats-Unis sous la menace d'une expulsion.

"Une amnistie de masse serait injuste. Des expulsions de masse seraient à la fois impossibles et contraires à notre caractère", a expliqué le président américain lors d'une brève allocution solennelle depuis la Maison Blanche, promettant un système "plus juste et plus équitable".

Obama demande une loi sur l'immigration

Vent debout contre des décisions présidentielles qu'ils jugent anticonstitutionnelles, ses adversaires républicains ont immédiatement promis de les combattre, au Congrès ou en justice. "Ce n'est pas comme cela que notre démocratie fonctionne", a tonné John Boehner, président du Congrès. "Le président a dit qu'il n'était ni un roi, ni un empereur, mais il se comporte comme s'il en était un".

"Je n'ai qu'une réponse: votez une loi!", a lancé le président Obama à ses détracteurs, assurant que ses décisions reposaient sur de solides bases légales et qu'elles s'inscrivaient dans la lignée de celles prises par tous ses prédécesseurs, républicains comme démocrates, depuis un demi-siècle.

Permis de travail de trois ans

A partir du printemps prochain, tout clandestin vivant depuis plus de cinq ans aux Etats-Unis, et ayant un enfant américain ou titulaire d'un statut de résident permanent, pourra demander un permis de travail de trois ans. "Ce n'est ni une garantie de citoyenneté, ni un droit à rester ici de manière permanente", a cependant souligné Barack Obama.

La tempête politique que cette annonce a déclenchée augure mal des relations entre le Congrès et la Maison Blanche dans les mois à venir. La donne politique vient en effet de changer à Washington, après la large victoire des républicains lors des législatives de mi-mandat du 4 novembre. Pour le sénateur du Kentucky Mitch McConnell, qui deviendra en janvier l'homme fort du Sénat, la démarche de Barack Obama revient purement et simplement à "rejeter la voix des électeurs".

Les républicains majoritaires dans les deux chambres

Désormais majoritaires à la Chambre des représentants comme au Sénat, les républicains ne peuvent bloquer un décret présidentiel, mais ils disposent de nombreuses armes pour rendre les deux dernières années d'Obama à la Maison Blanche difficiles. Certains élus, tel le sénateur texan Ted Cruz, farouche opposant de Barack Obama et candidat possible à sa succession, plaident ainsi pour une trêve des confirmations d'ambassadeurs, juges et responsables de l'administration nommés par le président américain, freinant ainsi le travail de l'exécutif.

Mais ce proche du Tea Party est loin de faire l'unanimité. Et à l'approche des primaires en vue de la présidentielle de 2016, le débat s'annonce animé au sein d'un parti qui aimerait séduire une partie de l'électorat hispanique, qui a voté à plus de 70% pour Barack Obama. "Nous sommes et serons toujours une nation d'immigrants", a conclu Barack Obama, qui se rendra vendredi à Las Vegas (Nevada, ouest) pour expliquer sa démarche. Selon un sondage NBC/Wall Street Journal, 48% des Américains la désapprouvent, contre 38% qui y sont favorables.

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Barack Obama

C. P. avec AFP