BFMTV

Heurts à Caracas, le gouvernement exclut tout recomptage

Des heurts ont opposé plusieurs centaines de partisans de l'opposant Henrique Capriles aux forces de police, lundi à Caracas, où le gouvernement a exclu tout recomptage des bulletins de vote après la présidentielle vénézuélienne de dimanche, qui a vu la v

Des heurts ont opposé plusieurs centaines de partisans de l'opposant Henrique Capriles aux forces de police, lundi à Caracas, où le gouvernement a exclu tout recomptage des bulletins de vote après la présidentielle vénézuélienne de dimanche, qui a vu la v - -

par Brian Ellsworth et Diego Ore CARACAS (Reuters) - Des heurts ont opposé plusieurs centaines de partisans de l'opposant Henrique Capriles aux...

par Brian Ellsworth et Diego Ore

CARACAS (Reuters) - Des heurts ont opposé plusieurs centaines de partisans de l'opposant Henrique Capriles aux forces de police, lundi à Caracas, où le gouvernement a exclu tout recomptage des bulletins de vote après la présidentielle vénézuélienne de dimanche, qui a vu la victoire, serrée, du chaviste Nicolas Maduro.

La police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser de jeunes manifestants qui lançaient des pierres, dans un quartier chic de la capitale, après le refus de Henrique Capriles de reconnaître la victoire du dauphin de Hugo Chavez et l'appel qu'il a lancé à descendre dans la rue pour manifester dans le calme.

Nicolas Maduro, qui doit être investi dans ses fonctions vendredi, a appelé ses partisans à se mobiliser dans le calme mardi.

Des sources proches de l'opposition ont déclaré à Reuters que d'après leur propre compte, Henrique Capriles l'avait emporté avec plus de 300.000 voix d'avance sur Nicolas Maduro. L'équipe de campagne du candidat de l'opposition dit détenir la preuve de 3.200 cas d'irrégularités le jour du scrutin.

Le Conseil national électoral vénézuélien a officiellement proclamé lundi la victoire de Nicolas Maduro, ancien conducteur de bus et ancien syndicaliste âgé de 50 ans. Selon le conseil, Maduro l'a emporté avec 50,8% des suffrages, soit une avance de 265.000 voix, contre 49% à son adversaire.

Le CNE S'EN PREND À WASHINGTON ET À L'OEA

"La majorité, c'est la majorité. La démocratie doit être respectée", a clamé le nouvel élu, que Hugo Chavez avait désigné, quelques semaines avant de mourir d'un cancer le 5 mars, pour continuer sa révolution socialiste bolivarienne. "L'opposition ne peut tendre une embuscade pour mettre en péril la volonté du peuple", a affirmé Maduro.

Dans une déclaration aux termes très tranchés, la dirigeante du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, a exclu tout recomptage des bulletins de vote et a accusé Henrique Capriles de ne pas respecter les lois et les institutions du Venezuela.

"Les menaces et les intimidations ne sont pas le bon moyen pour faire appel des décisions prises par le CNE", a dit celle que l'opposition accuse d'être à la botte du Parti socialiste au pouvoir.

Elle a accusé en outre les Etats-Unis et l'Organisation des Etats américains (OEA) d'ingérence dans les affaires du Venezuela, parce qu'ils ont appuyé l'idée d'un recompte.

En octobre dernier, lors de la précédente présidentielle, Hugo Chavez avait battu Henrique Capriles de 11 points, soit 1,6 million de voix de différence. L'opposant avait obtenu un peu plus de 44% et Hugo Chavez plus de 55%.

Lors de la campagne, Henrique Capriles a accusé Nicolas Maduro d'incompétence et d'être une pâle copie de Chavez, incapable de régler les nombreux problèmes du pays. Ce jeune centriste de 40 ans, gouverneur de l'Etat de Miranda, a défendu le style de gouvernement à la brésilienne, alliant une politique sociale forte à des mesures en faveur du monde des affaires.

Eric Faye pour le service français